Arislole, l'olil., III, 10, §.5, et II, 'J, § L
CAKACTÈKtIS D1-: LA DÉMOCKATIK 209
biade définissait une folie notoire', et que les esprits vraiment I)oIitiqiies de l'antiquité ont condamnée unanimement.
Si différentes que soient la démocratie tempérée, qui s'efforce de réaliser la véritable aristocratie, et la démocratie poussée à l'absurde, qui serait mieux appelée kakhtocratie , un grand nombre de coutumes et d'institutions leur sont communes, à part quelques modifications et sauf la manière de les appliquer. Il est donc à propos, pour caractériser le gouvernement démocratique, d'en relever les dispositions essentielles et de les montrer à l'œuvre sous l'une et l'autre forme qu'il peut affecter. Avant tout, le pouvoir délibérant et légiférant, qui décide en dernier ressort des affaires les plus considérables, réside dans l'Assemblée générale du peuple, présidée et dirigée par un conseil d'Etat (6cuXr;), qui discute à l'avance les sujets à l'ordre du jour "-. Tout citoyen majeur, qui n'a pas été frappé d'une peine entraînant la déchéance, a voix délibérante dans l'Assemblée populaire. Rien n'autorise à croire que le vote ait lieu par classes ou d'après toute autre division, comme cela se pratiquaità Rome ; il paraît plutôt que les voix sont comptées individuellement et sans distinction^ On se prononce d'ordinaire en levant la main [yv.z—yib) ; ce n'est que dans des cas [)arliculiers que les suffrages sont exprimés par des cailloux, des jetons ou autres objets semblables. On discute avant de voter. Bien que la différence établie à Rome entre les concionfs et les comitia soit inconnue en Grèce, il y a des questions ipii ne sont pas tranchées dans la séance où ont eu lieu les débals. Cicéron signale comme une particularité des assemblées grecques que le peuple ne s'y tient pas debout, comme à Rome*. Aussitôt que les matières à examiner ont été proposées par le conseil dirigeant, chaque citoyen peut parler; cependant dans les démocraties tempérées les jdus âgés prennent les premiers la parole. Aucun objet ne doil être soumis à l'Assemblée avant