Ibid.. Y, 2, §5 et
5. Plularque, Qme.il . i/r , 18; cf. Isocrafe, Prnvi'frn., ^ 259 : Platon, les Lois, III, p. 684.
de mettre à la charg-e des riches, non seulement les dépenses publiques qui devaient parer aux besoins réels de l'Etat, mais aussi celles dont le seul objet était d'entretenir et de divertir le peuple, tandis que les pauvres absorbaient sous divers prétextes une partie des recettes de l'Etat*.
Doivent être considérées aussi comme des conséquences du système égalilaire les mesures par lesquelles tout citoyen qui, s'éle vaut au-dessus des autres et devenant un danger pour l'égalilé et la liberté, pouvait être tenu éloigné, le temps de calmer les inquiétudes de ses concitoyens ^ Des mesures de ce genre existaient à Arg-os, à Mégare, à Syracuse, àMilet, à Ephèse; mais on connaît surtout l'ostracisme d'Athènes, sur;lequel nous reviendrons plus tard. Contentons-nous de remarquer que non seulement sous la démocratie, mais sous toutes les formes de g^ouvernement il existe des moyens de mettre dans l'impossibilité de nuire les citoyens dont la prépondérance est une menace pour l'ordre établi. Le tyran fait disparaître ceux qui lui portent ombrage ; les États olig-archiques usent des mêmes moyens contre ceux qui tentent de renverser la Constitution établie^ ; la démocratie se distingue des autres gouvernements en ce que les mesures sont appliquées par le peuple agissant dans sa souveraineté, que tout se passe au grand jour, que l'arrêt ne peut être prononcé qu'à la majorité des voix, et qu'enfin, ce qui est bien il considérer, le coup est moins rude. Sous la tyrannie en elTet ou sous l'olig'archie on supprime violemment l'obstacle, la démocratie se contente de l'éloigner pour un temps. Les lég"!Slateurs avaient reconnu sans doute que dans les Etats libres qui ne subsistent que par l'obéissance aux lois, les hommes qui ont pris trop d'empire sur leurs concitoyens peuvent aussi s'élever au-dessus des lois. Pour éviter ce danger et échapper aux luttes des factions, ils avaicut pensé que le meilleur parti était d'éloigner les ambitieux, laudis (jue cela était possible encore. Que telle ait été à l'origine la pensée qui présida à l'établissement de l'ostracisme, cela est certain, comme il est
1. Voy. le laiiLi'' aUi'ibué ;\ Xoiioplion, di' Allim, ^/^/^7^^ c. 1. >; 113,