‹ Antiquités grecques (volume 2)Chapitre 168 sur 494 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

CONSTITUTION DK Sl'AISTK

Sparte se constilua eiiÉtal dans les temps qui suivirent iiumédiatement la migration dorienne. D'après la légende, lorsque les Dorions eurent réussi à s'établir dans le Pélopont'so, leurs chefs, Téniénos, Cresphontc et Aristodémos, tous trois frî'res et II(3raclides, tirèrent au sort les pays dont se composait la presqu'île. A Téménos échut l'Argolide, Cresphontc eut la Messénie, Aristodémos la Laconie '. Il ne faudrait pas conclure de là que ces contrées avaient été, dès le début, conquises (ont enlièies. Les progrès des vainqueurs durent s'accomplir peuàpeu, et })his tard senhunenl les fritnliî'ics furent tracées à. Ka jtlace on nous les trouvons dans les Icmjts historiques. De la Laconie nous savons avec certitude (pie pcinhiiil hmgtomps toute hi côte orientale. Jusqu'au cap Maléa, n'en faisait pas partie, et appartenait aux Doriens de l'Argolide, sui- (jui h's Spartiates la conquirent ]>ièce par pièce. Ce peiijde n'en (h'vint délinitivemeiit le maître (jiie vers le milieu du

t. G'ét.ail une tradition nationale à Sparte qu'Aristodémoa avait pris lililuôiru; possession de la Laeoiiie ; voy. Itérodole, VI, 52. Suivant d'autres li'Uioi^'naf,^es, il serait mort avant d'arriver dans le l^éloponèse, et aurait laissé deux entants, aux(|ue]s cette ennlrée serait écliue iurs du i)arta ire : voy. Ai)ollodore, 11,8; l';uisaiii;is, III, I, .i; 5.

220 i;onstiti;ti()N dk sPMnr.

V!" sièi'lr '. Il est pi'oh.ililc (|ii'il n'y uvaiL {tas, ;i r^poquo fie riiivasioii (Idiiciiiic, (le ('(Hiln'c désiginio s(tiis le nom (!<• Mcs- S(''iii;': elle (''lait (lii iiKtiiis |)lus circonscrit"' i|ii"i'll<' in' !<• tiil (Icpiijs ', car la ciMc occidfiilalc apparleiiail, ainsi que l'extrémité sud de l'Elidc ou Triphylic, au royaume de Pylos, gouverné par les Nélides, et la région plus vasie qui s'étend à lest faisait partie de l'empire lacédi-monien des Pélopid(!S, aux(|uels reiileva, précisément vers le temps dt; l'invasion ddriemie, un prince descendant df^ Néleus, .Mélanlh(»s ■'. ficlle circonstance sans doute ne futpas inutile aux Doriens. et leur ménagea dans le pays des alliés dont l'appui servit à consolider la domination des Nélides. Kn même temps les Doriens d'Aristodémos, suivant le cours d(^ l'Eurotas, pénétraient dans la partie du royaume des Pélopides qui se prolonge vers l'est, au delà du Taygète, et s'établissaient à Sparte. Sparte, à vrai dire, n'était pas la capitale de la contrée. Cet honneur appartenait bien plutôt à Amyclée\ mais les deux villes n'étaient séparées que par une distance de 20 stades, un peu moins d'une lieue. De là, favorisés par la situation politique du pays, les Doriens parvinrent à le soumettre tout entier. La Laconie, en effet, ne formait pas, sous les Pélopides, un tout homogène; au-dessous de ces princes, il y en avait d'autres, qui étaient en quelque façon leurs vassaux, et exerçaient en diverses parties du pays Luie sorte de vice -royauté, comme cela se passait, avant Thésée, dans l'Attique ^ Lorsque les Doriens triomphèrent d'un chef suprême qui paraît avoir été alors Tisaménos, fils d'Oreste, les chefs subordonnés, au lieu d'engager une lutte sans espoir, préférèrent entrer en accommodement et conserver avec les descendants d'Hercule la position qu'ils occupaient

1. Hérodote, I, 82; voy. aussi Schiller, Stxmnie uad Stscdte Grkch., H, p. 2ï5 et III, p. 9. La possession de la Gyaurie. qui formait l'extrémité septentriorictle de cette côte, fut plus tard encore le sujet de querelles entre Argos et Sparte.

2. La contrée appelée Messène, dans POtZysscJe (XXI, 15), est le pays qui entourait la ville de Phères ; voy. Uvid. III, 488, et Stralion, VIII, 5, p. 367.

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