‹ Antiquités grecques (volume 2)Chapitre 169 sur 494 · CONSTITUTION DH SPARTE · texte numérisé non relu

CONSTITUTION DH SPARTE

vis-à-vis lies l*élopides. Je ne vois uiiciine raison de déclarer purement imaginaire l'assertion d'Ephore, d'après laquelle le pays aurait été divisé en six districts, dont les chefs-lieux auraient été Sparte, Amyclée, Las, ^Egys, Pharis, et un sixième dont le nom est perdu*. Ce qui me paraît invraisemblable, c'est que cette division soit l'œuvre des conquérants doriens qui auraient pris soin eux-mêmes d'introniser les princes dans leurs domaines respectifs. La probabilité est qu'ils les trouvèrent établis, et maintinrent leur autorité, en leur imposant la suprématie des Héraclides qui régnaient à Sparte. Le premier avec lequel ils conclurent cet accord dut être Philonomos, qui les avait aidés à soumettre ou à déposséder le Pélopide, souverain de la Laconie, et reçut Amyclée en récompense-. Le germe historique de cette lég^ende est que, dans le territoire d'Amyclée, un parti nombreux se détacha des Pélopides, et se jeta entre les mains des Doriens. On peut entres autres citer les Minyens qui, d'après de sûrs témoignages^, formaient un élément considérable de la population, et auxquels appartenait sans doute Philonomos. Il y avait aussi en Laconie des J^gidcs, descendants de Gadnios, venus peut-être à la suite de la conquête qu'avaient faite de ce pays les Béotiens refoulés par les Thessaliens d'Arné'. Des mariages eurent lieu entre eux et les Héraclides. Argée, femme d'Aristodémos, était lille d'Aulésion, qui se rattachnità la maison royale issue de Cadmos, lequel était aussi l'ancêtre des égides". Ces données, dont nul assurément ne peut garantir la vérité littérale, valent au moins comme souvenirs d'un ancien ra})prochement qui dut s'opérer entre les Héraclides et les .l^gides et fui consacré par l'épigamie. Mais, une fois ([u'ils se lurent soli<lenirn( établis tlans une portion de la contrée, les Doriens conliants

1. Siraboii, VIII, p. 'AO'i. Ciuliiis {llisluiir nrmiur. |. i.|i. liW ilc l,i Irail. IVanç.) propose, pour la sixième villi', h- pnrl di" Impii' ; irmitrc* préfèroiiL (îerontlinr.

2. Struhon, VIII. p. oOS ; Conon, NdVi'dl., 'A6 ; Nicolas de Damas, dans les Fvdijtn. hisl. de Muller, III, p. 'Air-).

.3. Voy. 0. MuUcr, Oirhuuuiios, \k :i07 v['M'\

i. Ihid., p. :^-iO.

."). llrn.diiU', VI, 52; Pausaiiias, IV, i'.,^::.

228 fONsrrTi'TroN ni: sparti:

(hins leur sii[>6rii)rilc mililaire, Iravailliu'crjl ;i IrurisloriinT l;i pn^riiiiucnci' que leurs rois s'é'fiicnt réservée sur U.'s autres jti-ini'cs eu uni' suuviTaini-h'; i»|i[tressiv(', et exigèrenl dfs a(:t(!s (le Nasscia^i's, auxijui'ls li-s vaincus ne purent se prrler sans résistance, il rsl [u'ohaiilc qui.' Ii's Doriens n'éjfivèrent [las CCS pr(''lcnli()ns vis-à-vis di' tous Iimii's suhDnlonni'N ;i la fois; ils allciidireul les occasions, et s'en piirenl dahurd à ceux qui étaient les plus proches et les moins redoutables. Après une suite de combats, ils restèrent seuls maîtres, et assujettirent toute la population '. (^c fui à llélos que les Achéens livrèrent leur dernier comjjat pour rindéqK'udance. Leur défaite les réduisit à une condition l)eaucou[) plus dure que celle des premiers peuples vaincus, (^ar tandis que ceux-ci n'avaient, sous le nom de l*ériè([ues, à regretter que leur liberté politique et en étaient quittes pour remplir auprès du vainqueur certains offices déterminés, les habitants d'IIélos perdirent du même coup la disposition de leur personne, et furent condamnés à labourer la terre comme esclaves, d'où le nom d'Hilotes devint le nom commun de tous ceux qui successivement furent soumis à la mémo servitude, bien que, pour dire vrai, cette explication du mot Ililotcs ne soit pas partout acceptée sans conteste ^ La population de Sparte se décomposait donc en trois catég-ories : les citoyens d'origine dorienne, la classe intermédiaire des Périèques, et les esclaves ou Ililotes. Avant de décrire la constitution de Sparte, nous examinerons les deux classes inférieures qui sont comme les assises de la bourgeoisie dorienne, en commençant par les Hilotes.

t. D'après Paiisanias (IH, 2, § 5 sq.), les Spartiates soumirent d'abord /Egys sous le règne d'Archélaos et de Charilaos (884-827 av. J.-C), puis l^liaris, Amyclée, Geronliira?, sous Téléclos (827-787) et entln Hélos sous Alcamène, fils de Téléclos. Mais Pausanias paraît croire que ces villes avaient déjà été soumises à Sparte, qu'elles s'étaient révoltées, et qu'à la suite de là seconde conquête, les habitants passèrent, en totalité ou en partie, de la condition de Périèques à celle d'esclaves ; c'est ce que semble indiquer l'expression ïjvopaTtooîaavTo.

2. Voy. Schœmann, Anlii. .înr. pubi. (ji'xc, p. 108 sq : et Schiller, Stxmine luvl Stxdte Gricch., Il, p. il).

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