C'est ce qu'indique ArisloLe {Polit., II
3. Isocrate d'il [Panât hen,, § 178) : Tvapà o-çîa-.v aÙToîç '.Tovoa'Iav/.xTlTT-r.Tav TO'.a-jT/^v oî'avTiEp "/pr) xo'j; u.é),).ovTa; aTtavxa tôv -/pôvov ôixovoriTî'.v ; cf. Arislole, Polit., IV, 7, § 5.
4. Xéiiophon, de Republ. Laccdœm., 10, 7; Isocrate, Areopng., 61.
LES SPARTIATES 2o3
part à la civilisation du reste de la Grèce et que l'instruction, sans se répandre encore dans le public, eut accès auprès de quelques particuliers, les riches furent naturellement les premiers à en profiter'; les pauvres, si bons Spartiates qu'ils fussent d'ailleurs, étaient restés étrangers à tous les perfectionnements. Donc, en droit, les Spartiates, sans acception de fortune, formaient une bourgeoisie dont aucun membre en particulier ne pouvait réclamer de privilège sur les autres, et qui au contraire, vis-à-vis des populations soumises, représente une noblesse privilégiée ; mais en fait, cette noblesse se divise on deux classes : la classe la moins nombreuse, comprenant les citoyens riches et instruits, partant considérables, forme une noblesse dans la noblesse; la classe la plus nombreuse, composée d'hommes pauvres et grossiers est, à vrai dire, la populace de ce peuple d'ôixsîcov. Il est nécessaire de retenir la double acception du mot o-^;;.:r, pour bien nous représenter certaines pièces du système constitutif de Sparte que nous aurons à décrire plus tard. Pris dans le sens le plus étendu, le of,[j.z: embrasse la masse des citoyens jouissant des mômes droits, sans distinction de riches et de pauvres; dans le sens restreint, il exprime la majorité des 5;j,oTs'., moins favorisés de la fortune, moins civilisés et tenus à distance par les autres, mais (]ui, en face des Périèques et des Ililotes, se rendent le témoignage d'a])partenir à une classe su[)érieiire, née pour dominer.
Il y avait encore à Sparte une autre catégorie d'Iuibilauls (pii. bien que Spartiates de naissance, n'étaient pas rangés parmi les b[iz\z:, faute de remplir certaines conditions. La première de ces conditions était une observance constante du régime politique en vigueur à Sparte, c'est-à-dire des règlements prescrits parLycurgue pour la jeunesse cl poui' les adultes. Tous ceux. ditXén(q)hon', qui acciinqjlissaient ces devoirsjouissaient dans toute sa pb'nilude du droit de bourgeoisie, (piils fussent forts ou faibles, riches ou pauvres; mais (juicMMKjni- s'en atlranchis- Siiil ('lait répul('' indigne d'èlre rang)'' plus longlenips parnii les
1. Al'islole les iippcllo o': y.y.'/.'j\ •/.-u.yyi'irji (/'u//7., Il, (1, ^ 1.')), o; yvtofv.uot ylhid., V, 6, § 71.
■J. /^• Hrjtiihl. LitiC'Lcill., 10, ,5; 7.
2;>ï- i:(t.Nsri 1 1 i iti\ di; si> \i! 1 1,
:;;.il;'. '. Il cl.iil lia|i|)<'<l iiiic soflc d ,tliiiii(; nii i tipitis (h/inniilin . tiégradr (l<; tiolil» ^sc ri |•(■|('•^llr il.iiis iiiif clîisstî iiifi'iiCiii»'. Lu secondt; comlilioii iimis csl, n-vùh'M', pur Arislol»; - : rlia(|iii' citoyen ôluil Lcmi de conlribuor pour s;i part aux rejuis pul)lii;s ; celui qui n'apjjorlait passon «'toI, alors nicmc que la pauvreté l'eu empêchait, était déclin du droit de hour^^eoisie, et déjtouillé des [triviléges conuuuns a Imis les :;;.;'.:-.. Il est jii'ohalde (pie dans les heaux lenij»s de la iéjuildi(|ue le nonibi'e des cito}ens déclassés [>oni' l'ini on lanln' de ces motifs était très peu considérable. Ce tut seulement aprl^s la loi d"]'][)iladens (pie l'exci-s de la misère put mettre des S])arliates hors d état de fournir leur quote-part aux repas publics^. Sans doute il put y en avoir auparavant d'assez pauvres pour que cet impôt leur parut loiu'd à payer, et déjà par là même ils se trouvaient dans une sitiuition d'infériorité vis-à-vis des riclu's ])our qui ce n'était qu'une baj^atelle '; mais c'est le cas de lous les impots (|ui, (''i:aux en apparence, pèsent néanmoins Iri'S inéi^alement surles riches et sur les pauvres. Ils n'avaient pas pour cela l'idée de s'en allranchir' sachant que c'était le seul moyen de s'assurer l'inappréciable jouissance du droit de Cité et d'obtenir la considération publique. Pour les mômes motifs il est naturel de croin- que le fait de se soustraire à l'ày^jv/î spartiate et l'exclusion qui en était la suite étaient de lares exceptions. Li's témoignages anciens ne nous permettent pas de déterminer la situation faite aux citoyens ainsi frappés de déchéance, car l'aflirmation du sophiste Télés'' qu'ils tombaient au-dessous des Hilotes, ne saurait persuader personne. S'il en eût été ainsi, Xénophon ne se serait pas borné à dire qu'ils cessaient de compter parmi les
i. Aiilipater ayant nJclamé 50 enfants Spartiates comme otages après la défaite inlligéo au roi Agis, l'éphore Eléocle lui répondit : Tcaîox: ixîv o-j
owffsiv, î'va fj-ïj aTvaiOEUXO' ysvwvxat, tÎ]? Tta-rpto-j àywyr,; àxav.T/iCrxvTî;' ouok TtoXixai
yàp à'v £iV,ci-av (Plutarque, Apophtegm. Lacon., 5t, t, I, p. 290, éd. Didot).