‹ Antiquités grecques (volume 2)Chapitre 191 sur 494 · Aristote, IV//., VI · texte numérisé non relu

Aristote, IV//., VI

LÉGISLATION DE LVCI^RGIF 2o7

^ ï. — ]j't/islafion <lf Li/cur</iir.

La plupart dos anciens atlribucnL la Conslitulion do Sparlc à Lycurg'uo*, mais la vio do co législateur et le temps mémo auquel il vécut sont l'obj"! do tant d'assertions contradictoires que certains critiques ont contesté jusqu'à son existence, tandis que d'autres admettent deux Lycurg-uo au lieu d'un. Nous avons des raisons décisives do croire que Lycurgue n'est nullement un personnage imaginaire, qu'un législateur de co nom mérita, par des services signalés rendus au g-ouvornemont de son pays, do passer pour l'auteur do toutes ou presque toutes les institutions établies soit avant lui, soit après, institutions qui au reste doivent en général leur origine à la force do la coutume plutôt (ju'à une législation nettement formulée. La vie de Lycurgue tombe, suivant le calcul desanciens clironologistes les plus autorisés, dans la première moitié du ix" siècle. L'exactitude (h* cette date n'est pas sans doute incontestable ; il n'y a pas cependant de motif certain pour la rejeter. D'après la tradition lapins répandue, Lycurgue était \\o la race des lïéraclides et le fils puîné d'un roi appartenant à la race dos Proclidos mi dos Eurypontidos, que les uns nomment Prytanis, les autres Eunomos. Lycurgue gouverna comme tuteur de son neveu Charilaos ou (iliarillos, et entre- [)rit, à la majorité de son pupille, de longs voyages qui, au dire do quelques bisloriens, le conduisirent on Egypte et juscjuo dans rindi'. Ha[)polé à Sparte par les vunix du peuple, il y rentra pour réparer le désordre qui y régnait. Los troubles avaient pour cause le gouvernement tyrannicpio de ('barilaos. qui ne s'était |)as ronforiné dans les limites tixées par la tra-

1. I^a plupart, non pas tous, llallaiiioiis, par oxtMiipIo, d'apivs le rreil de Stral)on (Vllf, p. :i()(">), no inontionnait pas Lycnrf^Mic ol i'aisail lionneur de la Conslilulioii Spartiate aux deux premiers rois iMiryslIir-iiès el l^roelès.

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dilioii il I aiiliii i|{'' in\;ilc', cl les ijuiriincs ;iiii.':i.sS(''cs dans II* cd'iii' (1rs |i;iii\ ics j»;ir rni\i;iiril cl |;i dm c|c des lirlics. Ijji mission dr li\ riifi^iic coiiiriH' l('',:;isl;il<'iii' cl irioriii.ilciir de l'rilal avait (';t(''<'\[(icss(''iiiriil aiiIftrisiM' |»ar loi'afdr de l)c|[di(;s. Aussi le [dus ;:i;uid ii<»inljic considr-raicnl ses dt-ciels romiiif éinaiiatd d".\{i(dl(iti liii-iiiriiie, e| la sanclinii disiiir leur ('-tail iissiiicr d'a\aii('c. De là aussi les iioiuiciirs iH-rdiqu»,'.-» leiidns |)liis lard à la mémoire de Lvciir^ue, comme au cftiifideiil de la di\iiiilé. Le nom de zr-p-x:, oy-px'.^ Vox-ox:, ai»|di(|U('' à ses |(i'eseri|)lioiis, ne signilie jias cepeiidanl, Pomme (jn(d(|Uf's-iins l'onl [tréleiidu, des sentences divines; il s'a})[)li(|ue en général à loule espèce de l'ornude réglemenlaire, c<inime Je mol /f.r chez les Latins-. Des modernes oui conjecluré aussi que l'expression de pf,~px'. désigne jiropremeul un contrat, et que les rhètres de Lycurguc étaient ainsi nommées jjarce qu'elles contenaient les points sur les(juels s'était opéré, grâce à l'entremise de Lycurgue, l'accord du peuple et des rois''. Il est nalurid en etret de croire qu'une léiiislation t(dle que la législation Spartiate ne put s'établir sans compromis entre les partis. Il est d'ailleurs question dans la hiographie de Lvcurgue par Plulartjue de négociations suivies entr(^ des personnages considérables, de la résistance que le législateur rencontra et des ménagements qu'il dut prendre pour ramener les mécontents''. Quoiqu'il en soit, les anciens regardaient la législation de Lycurgue comme sanctionnée par l'autorité divine ayant pour interprète la Pythie, et attachaient au mot pf-,zx'., le sens (Vorarjpfi, L'un<' de ces rhètres a été conservée sous une

t. Voy. Arislole, VuliL, V, 10, îj 3, el le t^seudu-Héraclite de Pont, que l'on ne peut distinguer d'Aristote (c. 2). Un passage de Plutarque (Lijouruuf . 5) donne cependant une autre idée de Charilaos.

2. Ainsi le Bill que le roi Agis III présente à la yspoudta s'appelle pr,Tpa de même que la loi d'iipitadeus (Plutarque, Acjis, 8 et 5). Sur le mot Mr. voy. Ernesli, Clmh f/co'on., au commencement de VIndex Icgum.

3. Cette opinion s'appuie sur ce que dans le plus ancien passage homérique où se rencontre le mot '^-r^tçir,, il est question d'une convention, d'une gageure. De même, dans un ancien document (Co?'pi/s Imn\ gr., n" 11) un traité entre les villes d'Elis et d'Hérœa est appelé Focxtox.

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