‹ Antiquités grecques (volume 2)Chapitre 205 sur 494 · LES ASSEMBLÉES DU PEUPLE · texte numérisé non relu

LES ASSEMBLÉES DU PEUPLE

petite assemblée '. La législation proprement dite était si peu mobile à Sparte que le peuple avait beaucoup moins à faire de ce chef que partout ailleurs. Si nous laissons de côté les attributions dont s'accrut peu à peu l'autorité des éphores, et qui purent difficilement se passer de la sanctioji populaire, nous ne trouvons, jusqu'au temps d'Agis et de Cléomène, d'autre mesure législative devant émaner du peuple que l'autorisation de conserver de l'or et de l'argent dans le trésor royal, et la loi d'Epitadeus, qui permit d'aliéner les biens patrimoniaux. — Le peuple ne manifestait son sentiment ni par des jetons ou des cailloux ni, suivant un usage général dans les autres pays, en levant la main, mais de vive voix, par acclamations. Dans le cas seulement où le vœu de la majorité n'apparaissait pas assez clairement, le public se partageait en ditlerents groupes'-. D'après les dispositions de Lycurgue, l'Assemblée n'avait que le droit d'accepter ou de rejeter purement et simplement les motions du Sénat. Plus tard, on so relâcha de cette rigueur : le peuple put modilier les projets de loi ou eu proposer de contraires, mais Théopompos et Polydoros établirent que dans ce cas les rois et le Sénat avaient la ressource de couper court aux débats en retirant leurs proposilions, ce qui lil rentrer dans ses anciennes limites la puissance des Assemblées jjopulaires '. L'insliluliou des éphores, qui fait l'objet du paragraphe suivant, dul être un dédommagemeut à cette diminution d'aulorilé.

1. L'anVaiichissenieiil des tlilulos cl la coiiccsbiuii ilii druil <le ciU) aux •Hningors reiilraienl vraiseinblaljlemeiil aussi dans lu compétence de IWs;scinblée, bien qu'aucun texte ne l'établisse.

■2. Thucydide, I, S7.

■ K Voy. Urlichs, Hhriii. Miisrimi. IHiT. p. J.'U .

27 i cn.NSTlTt TIO.N IJI. SPAPTI.

H. — Les K pli or m.

11 u existé dos magislrals sous le nom d'éphoies aussi bien chez les autres peuples que chez les Doriens; mais, en dehors de la race dorienne, le fait de leur existence nous est seul connu, et leur nom qui, pris dans un sens i:énéra1^ signifie simplement sun'eilUnits ne nous apprend rien de leur condition ctdelcur importance politique. Chez les Spartiates au contraire, le Collège des cinq éphorcs est parvenu avec le temps à une telle puissance que nulle part aucune magistrature ne saurait lui être comparée. Il est impossible de dissiper les obscurités qui cachent leur origine. Des critiques récents font remonter rinslitulion des épliores au delà de Lycurgue '. Parmi les anciens, les uns raltribuent à ce législateur; suivant d'autres, elle ne daterait que du roi Théopompos ". La seule chose certaine, c'est que leurs conmiencements furent modestes, et qu'ils s'élevèrent insensiblement à un haut degré de prépondérance. Ce progrès peut s'expliquer de deux manières : par la nature de leurs premières fonctions qui comportaient des accroissements successifs, et par les concessions que, suivant des témoignages formels, les rois et le sénat tirent imprudemmenl. au profit de la puissance populaire^ En examinant avec

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