‹ Antiquités grecques (volume 2)Chapitre 209 sur 494 · Hérodote, VI, 82; Pausanias, III · texte numérisé non relu

Hérodote, VI, 82; Pausanias, III

le roi, et le seul avantage que le prince eût dans ce cas sur ses sujets^ était de ne répondre qu'à la troisième sommation. Les éphores pouvaient de leur seule autorité le réprimander ou lui infliger une amende. Un détail qui prouve bien la subordination de la royauté vis-à-vis des éphores, c'est que, tandis que tous les citoyens devaient se lever en présence du souverain, eux seuls restaient assis \ Il est clair qu'à plus forte raison les éphores avaient la haute main sur tous les autres magistrats : ils pouvaient en effet les suspendre, les emprisonner, et même, dans les cas plus graves, intenter une action capitale-. Il est difficile cependant de croire qu'ils fussent autorisés à prononcer la peine de mort contre des Spartiates ; le sénat seul avait ce droit,

La surveillance que les éphores exerçaient sur les magistrats leur permettait de s'immiscer dans les diverses parties de l'administration, et de mettre ordre à tout ce qui allait contre la loi ou l'intérêt public. Ils ne pouvaient cependant au début gouverner ni administrer par eux-mêmes. Ils avaient la charge de contrôler et de réprimer; ils n'étaient pas un pouvoir actif et doué d'initiative : ils le devinrent, en obtenant le droit de convoquer les assemblées délibérantes, d'y faire des motions et de diriger les débats. On ignore à quel moment cette prérogative leur fut accordée, mais lorsque les informations historiques commencent à devenir moins rares, ils en sont si bien en possession que pas une affaire publique ne paraît avoir été discutée ou résolue sans eux, et que souvent même ils sont seuls nommés, soit que les écrivains leur attribuent faussement toutes la responsabilité des mesures prises à leur instigation par le sénat ou par l'assemblée du peuple, soit que, dans beaucoup de cas, ils aient été les maîtres d'agir, en dehors même des deux grands corps de l'État. Ce rôle prépondérant, ils le jouent pour toutes les aifaires qui rentrent dans la compétence du pouvoir délibérât if, si bien qu'ils srm-

\. Xi'noplion, Bcsp. Larcda'm., l"), ,ii ('>. C'iHait au contrairo Aj^vsiias (|ui se levait devant les ('pliores, alors même qu'il était assis sur son trùnc, l'I dans l'exercice de ses ibnclions. Voy. IMutarque, A>n'silas, 4.

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