‹ Antiquités grecques (volume 2)Chapitre 228 sur 494 · Plutarque, Agésilas, i · texte numérisé non relu

Plutarque, Agésilas, i

Spartiate. De là le reproche qu'adresse Isocrate aux compatriotes de Lycurgue*, d'être en retard sur la civilisation générale, et de ne pas même apprendre à connaître leurs lettres. Il y a là un abus de rhétorique; il est bien vrai que la lecture et l'écriture ne faisaient pas régulièrement partie de l'éducation, mais un grand nombre de citoyens acquirent ces connaissances privément, dès que le progrès des relations en fît sentir l'utilité ou la nécessité. Ce qui est certain, c'est quils ne les considérèrent qu'au point de vue des avantages immédiats qu'ils en retiraient, non comme le point de départ d'ime instruction supérieure*. En revanche, la musique entrait dans l'enseignement public, non seulement comme une récréation^ mais aussi comme un moyen de culture morale. Une condition toutefois lui était imposée, c'était de rester fidèle au mode dorien, et d'élever Fàme par la noblesse du rythme et \ii simplicité de l'harmonie. Les nouveautés et les raffinements étaient accueillis avec méfiance, souvent même repoussés brutalement^ Les enfants et les jeunes gens ne se bornaient pas à chanter des morceaux en rapport avec l'esprit national, ils apprenaient aussi à jouer de la cithare et de la tlùle \ Dans les cérémonies publiques, des chœurs nombreux composés d'hommes de différents âges se répondaient alternativement. Plutarque nous en a conservé un exemple qui mérite de trouver place ici. Le chœur des vieillards chantait d'abord :

Nous étions jounes autrefois, pleins de force et de courage.

à quoi les hommes faits répondaient :

Nous le sommes aujuiird'hui ; on peut en faire l'expérience.

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