‹ Antiquités grecques (volume 2)Chapitre 237 sur 494 · Plutarque, Lycurguc, 14, et Agis · texte numérisé non relu

Plutarque, Lycurguc, 14, et Agis

IMalon (lit aussi qu'à la vérité les femmes de la Laconio ne tissaient ni ne filaient, ces occupations étant abandonnées aux esclaves, mais qu'elles n'en étaient pas moins appliquées aux travaux intérieurs'. Comme on demandait à Tune d'elles, tombée en esclavage, ce qu'elle savait faire : c Bien gouverner la maison, >» dit-elle. Alamêmequestionuneautre répondit: «Etre fidèle et soigneuse ^» En dirig-eant l'éducation de ses filles, dont elle ne s'occupait pas moins que son mari de celle de ses fils, la mère de famille s'adonnait de nouveau aux exercices gymnasti' ques et cà l'étude de la musique. Les relations des femmes avec les hommes étaient moins libres que celles des jeunesfiUes.Le mot de Périclès, que le mieux pour une femme était de ne faire parler d'elle ni en bien ni en mal dans les conversations des hommes, était vrai aussi à Sparte \ Les femmes ne se mon- I raient que voilées, tandis que les filles allaient à visage découvert. Un Spartiate, interrogé sur l'origine de cette coutume, répondit: « 11 faut bien qu'une fille cherche un mari; une femme n'a qu'à garder le sien*. » ('es paroles, outre qu'elles expliquent la dili'érence des rapports suivant l'âge et la condition, prouvent que le goût personnel tenait plus de place à Sparte qu'ailleurs dans le choix d'une épouse, bien que sans doute il n'y faille pas chercher cet attrait romanesque qui dégénère facilement en sensiblerie. Nous ne devons pas davantage nous ligurer l'intérieur des Spartiates d'après celui des modernes, pour qui leur maison représente le monde entier ou du ujoins la chose la plus importante du monde, à qui la vie privée; fait oublier la vie publique, et qui peuvent en conscience se croire tenus d'agir ainsi. A Sparte, l'Elat passai! avant tout; la maison ne venait qu'après, et n'avait d'importance qu'en raison des services qu'elle rendait à l'Elat.

Tel était le principe qui avait fait établir les Syssities, nommées aussi 05£'.o(-:ta et àvcpsTa, dont soullVail assurément l'inti-

1 . Hésychius, t. II, p. 579 ; Platon, de. Lcglb., Vil, 12. p. 805. 2. riiilarf|ue. Ai><>plilli. Miil. Larvii., 20 et 27, t. Il, p. lîOO, éd. Didot. :^. 'nmcydidf, 11, ^if) ; l'Iiilaniuc, Apnphih. Ijintu., p. 2()0 cl 270 od. Didut.

'i. Plidar(|uo, Uni., p. 280.

niO ( ONsi iiiiioN i)i: SI' Mil r;

mih' (l(iiiH'sli(|iir, 111,'iis (|iii,siiivaiil rcxjnt'ssioii (If- IMiilarquc, laisail une lial)ilii(l<' aux lioiiuiics de visi'c serrés les uns contre l('saiili(!S, à la façon (l(!S aln'ill('S,eUl('ii('S(' c.oiisidrrcr, ouhliciix dCux-nièniCS, (jue cominc des iiicmlniis de l'h^laL'. L'assislanctanx syssities élail un devoir iinjxriciix jKHir Ions les Sjiarlialcs. Dès qu'ils avaient acci>iii|di leur ving^lième année, ils t'iiliaicui dans la classe des v.'pvnq cl <lans le corps des hoj)lih's. Les citoyens |)iéposés à la surveillance des enfants élai»!iil seuls dispensés du service, vA preuaieiil leurs repas avec eux-. Li's rois eux-inènies ne pouvaient se dispenser de participer aux syssities, etlorsqu'Agis, revenant de la i^uerrecontre Athènes, demanda qu'on lui apportât son repas chez lui, afin qu'il pùl dîner avec sa femme, cette faveur lui fut refusée^. Les deux rois mangeaient dans la même salle ', et avaient pour compagnons detahh'S lesnièiues hommes qui foi'mait'nt leur entourage dans la i^U(;rre. Ils n'avaienî sur leui's sujets que ce seul avantage de recevoir douhle portion et de ])Ouvoir faire don de leur superflu à ceux qu'ils voulaient honorer, LEtat faisait les frais de la tahle royale'. Tous lesautres citoyens devaient, pour subvenir aux syssities, fournirchaque mois un médimne ou un peuplusde cinquante litres defarine, huit congés ou vingt-cinq litres devin, cinq mines ou environ deux kilogrammes de fromage et un kilogr. de figues, sanscompterunepetite somme d'argent qui ne dépassait pas dix oboles d'Egine*^. Celuiqui se refusait à payer cette cotisation on ne pouvait le faire était rayé de la liste des '6[j.o'.z:, c'est-à-dire des citoyens en pleine posses-

Page 1