Thucydide, VIII
2. Voy. dans Thucydide (I, 68, 70 et.8i) le tableau que le? dépurés corinthiens tracent de la politique Spartiate, et le langai;e que, longtemps après, Tite-Live met dans la bouche des Rhodiens 1. XLV, 23) ; cf. Isocrate, ck Face, 32, § 97.
3. Ephore, cilé par parStrabon (VI, p. 279 c'r. .fustin, III. 'i : Pausanias. IV, 4, j! 2, et 5. ?5 1.
SYSTÈAIE POLITinUK 381
conquérante. L'assujeltissomeni des Hilotes et dos l'érièques aux Spartiates, conséquence de la défaite des Achéens et de la conquête dorienne, n'avait pas son pendant en Messénio. D'après les renseignements que nous possédons sur l'antique histoire de cette contrée, renseignements à la vérité fort rares, et enveloppés sous une forme mythique qui ne laisse place qu'à des conjectures incertaines*^ il paraît que les Doriens s'étaient proposé d'abord pour but d'exercer sur la population antérieure une domination analogue à celle qui s'établit en Laconie, mais que les Achéens, soutenus par leurs voisins et amis les Arcadiens, en particulier pas ceux de Trapézonte, opposèrent aux prétentions doriennes une résistance plus sérieuse. Il en résulta une suite de combats, dans lesquels sans doute les Dorions no purent s'entendre entre eux sur la paj't qu'il convenait do laisser aux Achéens, les uns acceptant l'égalité, les autres voulant réduire leurs adversaires à la dépendance des Périèquos. Los Spartiates étaient naturellement intéressés à l'issue de ces luttes, et l'on peut tenir pour assuré que la faction dorienne la plus hostile aux Achéens dut les appeler à son secours. Il est probable aussi que le nombre croissant des familles et des lots de terre qui de quatre mille cinq cents ou six mille, furent portés à neuf mille, sous le roi Polydoros, ne s'explique pas seulement par raugmontatiim de la population dorienne en Laconie, mais aussi par l'accession des Dorions de Messénie qui vinrent grossir les rangs de la bourgeoisie Spartiate, Los guerres de Sparte contre Tégée et d'autres villes voisines n'eurent pas non plus pour cause unique l'ambition de s'agrandir; elles furent surtout motivées }»ar le désir do décourager les pouj)les limitrophes qui auraient pu être tentés d'appuyer sur les frontières les révoltes des Périèquos. Les Spartiates furent moins encore guidés par la jtassion des conquêtes, lorsqu'ils repoussèrent les Argiens de l'île de Cythère et du littoral qui, d'après la configuration de la contrée, se rattachait naturellenicnl à la Laconie. Dans les eojubats sanglants que se livrèj'onl ]iarsuil<' les deux nations
I. »lii lie |j('iil lii'r Irop .ittriilivi'iiii'Ml li'S iiuInMlituis ciiipi'iiiilci's ;"i l'iplioiv pai- NicoLis t),nmas(M''nt'. \'.iv. les /'V"(//y/. /(/s7ii/. dr MuIIit. I. III. |i. 'M~ .
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jusque vers la i.'U<'iit du |*(''|n|)urit'sc, les Spailialrs n a|)])a' raisseiit jtas (^oiiiinc inoNocalcurs. A[ul"< (|u"ils fin fni paiN rnus à rerulre leui- juiissancc iiiallaijuahh;. au dedans par la rnniplèlf soumission d<;s l'éiii-qurs e( des llilolcs, au deliors en faisanl ri^connailn- par Ions leurs voisins Ifur sujxM'iorilé inililairc, ils ,i;a,:^iit'n'iil la confiance fie (mis les Grecs par la modération inl<dlii;enle <|ui fui la lèi^le de leur conduile el par leurs sacrifices conslanls à l'inlérèl iiénéral. C'était en effet un moyen facile de se distinguer deK nations rivales, Ionjours livrées aux llnctiialioiis des partis. Tous les hommes tlévoués au principe aris[ocraii(|ue et conservateur devaieni se faire les alliés de Sparte, ijni les aidait de son côté soit à renverser les tyrans, soit à contenir la démocratie. Ainsi îiaipiit d'elle-même entre les nations du Héloponèse une fédération dont Sparte fut, de l'aveu général, la tête dirigeante, dette union, sur laquelle nous aurons à revenir, et la place que Sparte y occupait, firent que dans la guerre Médique, lorsque la plus grande partie des (Irecs s'associa pour conjurer le danger, Sparte fut sans conteste acceptée comme chef de fa ligue, et par là même reconnue pour le premier des Etats grecs.
Décadence et ruine.
Lorsque commença la guerre médique, Sparte était au poinl culminant de sa grandeur et de son influence sur le reste de faGrèce; mais elle ne put longtemps rester à cette hauteur. En s'ellbn-ant de s'y maintenir, elle fut conduite à s'écarter de ses anciennes voies, en ce qui concernait la politique étrangère, puis même à se relâcher des principes sur lesquels reposait sa (constitution. C'est ainsi qu'après une période de progrès plus apparent que réel, elle tomba dans une impuissance qui aboutit à une ruine complète. Lorsqu'elle s'était vue à la tète de la Grèce, sans trop se prévaloir de cette situation, elle avait tenu
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(liiinoiiisà eu qu'aucun autie peuplent' prit un développcujent qui put devenir un danger pour elle. L'élévation rapidt; d'Athènes dut lui porter d'autant plus d'ombrage qu'en même lemps les tendances démocratiques qui lui paraissaient avec raison compromettre son existence devenaient dominantes dans les États grecs. Les deux nations en vinrent bientôt à des conflits, (;t bien que la paix eût en fait été rétablie deux fois, la situation resta tendue et ne se dénoua que par une lutte acharnée à laquelle put seul mettre fin le triomphr définitif de l'un des (b'ux adversaires. Sparte n'était pas «mi élat de soutenir cet antagonisme avec les seuls moyens donl elle avait disposé jusque-là; eli»; dut recourir à des secours étrangers qui altérèrent le principe et le caractère de sa Conslitution. Comme une guerre avec Athènes ne pouvait être menée à bien que sur mer, et que les finances de Sparte ne lui permettaient pas de créer ni d'entretenir une marine consitlérable, elle se vit dans la nécessité de demander Jes subsides au roi de Perse, et de combattre, avec l'ennemi traditionnel, la nation qui avait le plus contribué à sauver la liberté belle nique. Pour attirer vers elle les alliés d'Athènes, il lui fallut jireudre des engagements qu'elle n'avait ni le pouvoir ni la réstdution de tenir. Dans de telles circonstances la bonne foi n'était plus de mise; les artifices di})lomatiques, la souplesse dans les relations avec le giand-roi et ses satrapes, la dissimulation et le mensonge en prirent la place; et, après le triomphe, ce ne fut pas seulement la Grèce qui put conslaler à quel point les vainqueurs ressemblaient peu à l'idée qu'elle s'en était faite d'après leurs promesses et la façon dont ils Irailaieutuaguère leurs alliés; les Perses apprirent aussi combien Sparte était peu disposée à la reconnaissance.
Aussi, quand ils jugèrent à propos d'ollrir leur assistance i"i ses adversaires et de les inviter à la revanche, il suflit d'un échec, décisif il est vrai, des Spartiates, [»our détacher deux leurs auxiliaires g-recs, et les ramener aux Athéniens, Xénoplion, à la lin do son traité surle gouvernement de Sparte, com- |K>sé peu de lemps a[uvs ces événements, fait l'aveu, malgré sa prédilection pour les Spartiates, (piaii lien de sCllorcei'. conmir autrefois, de jnslilier leur hégéiMonie. ils iii- cliercliaieiil plus
:nt ( iiNsi I I I I liiN 1)1. Sl'All I I.
(III à s assiii ri' l.i (InniiiiJilioli, ii inijuiih' (laf (|ii('ls iii(i\ rus, fl que la (^iiiice, après st'ii'i\ lonf^t<!ni|)s loiiriirc vcis eux pomnblenir k'iii" upyuii coiiln' riiijiislirc cl ro|»j»rcssi()ii, uiiissuil inaiiiletianl ses clloils [i(iijieni|t(icliui" k; rcilour de It'iii'préériii- (leiuT. Il n'esl pas siir[ir('rianl. ajoiitc-L-il, (pic les Spartiates l'ii soioiil venus là, piiisipiiis onl (tiixciIcmcMl cessr «Tobrir aux lois (le Lvc(ir;.:iie'.
Painii Icsiiifraclions les [ihis maiiifesles à ces lois doil f'hv langée rintroducliou de l'or et de l'argent, coninn' propri«Hé jtrivée s'enlend. car on a vu }dus liant, et il ne saurait y avoii' de doute sur ce point, que lEtat faisait déjà usage de ces in(.)nnaies; comment eût-il été possible sans cela d'envoyer des ambassadeurs chez les nations voisines, d'entretenir au dehors et de solder des mercenaires? Ce n'est pas que le Trésor fût bien riche - ; tous les revenus touchés régulièrement par l'Etat (Ml or et en argent ne provenaient guère que des impôts à la charge des Périèquc^s, à qui l'on n'avait pu interdire 1 usaf;*; fie métaux ayant cours à l'étranger '. Telle était aussi rorigine de l'or et de l'argent qui arrivaient entre les mains des rois, car il faut bien admettre qu'ils étaient en dehors de la prohibition générale; la preuve en est dans les amendes considérables auxquelles on a vu plus haut que furent condamnés Pleistoiiax et Agis \ et dans les dix talents qui, à la suite de la bataille de Platée, furent adjugés pour sa part de butin à Pausanias, lequel n'exerçait la suprême autorité que comme régent et tuteur du roi ^. Pour les citoyens, l'interdiction existait encore après la guerre du Péloponèse, malgré les grosses sommes que l'issue de la lutte avait fait affluer dans les trésors de l'État; car, outre les dépouilles conquises sur les ennemis et les contributions qui furentenvoyées à Sparte par Lysandre,