Hôrudulc, IX
DÉCADENCE i:i' UUINE 3'^.'»
ies charges imposées aux nouveaux alliés toiirnissaienl annuellement une somme de plus de mille talents '.
Mais bientôt on reconnut que du moment où les généraux, les harmostcs et d'autres pouvaient si facilement s'enrichir, au dehors, l'ancienne loi n'étaitplus guère applicable. Déjà antérieurement, l'occasion n'avaitpas manqué de la transgresser. Le perse Mégabase, envoyé par Artaxerxès pour décider les Spartiates à faire une diversion qui forçât les Athéniens d'abandonner les Egyptiens révoltés, employa, dit-on, des sommes considérables à corrompre des personnages influonis-. Toutefois ceux qui possédaient de l'argent n'osaient pas Je garder dans le pays. A l'exemple de l'État qui, suivant des conjectures vraisemblables, transportait au moins une grande partie de ses métaux précieux hors de Sparte, notamment dans le temple de Delphes, les citoyens envoyaient aussi les leurs à l'étranger, surtout en Arcadie^. Cette manière d'éluder la loi n'étant pas formellement défendue, on ne se faisait pas faute d'en user, et le gouvernement lui-même ne parait pas y avoir regardé de bien près. Plus tard, du temps de Lysandre, des sommesfort importantes ayant été entassées dans Si)arte même pour le compte de l'Etat, l'interdiction qui pesait sur les particuliers lomhatout à fait en désuétude, bien que riennindique qu'elle ait été expressément abolie*. A partir de ce moment, l'inégalité des fortunes devint de plus en plus sensible, et porta sesconséquenccs. Lorsque fut décrétée, sur la proposition d'Epitadeus, la libre disposition des fonds de terre ^, il s'ensuivit nécessairement que la propriété immobilière tcuidit à se concentrer entre les mains desfamilles opulentes, au détriment des pauvres, dont la ruine fut consommée. Enlin, lors([ue la plus grande partie de la Messénie fut perdue pour les Spartiates, cet événement ne put s'accomplir sans que les citoyens dont les