‹ Antiquités grecques (volume 2)Chapitre 274 sur 494 · Aristote, l'ulit. II, 7, §" -i · texte numérisé non relu

Aristote, l'ulit. II, 7, §" -i

(iOUVEIUNE.MKNT DE LA CRÈTK 3oo

leui'S exhortations, les récits des hauts faits et les exemples des grands hommes. Pas plus qu'à Sparte il n'existait de cabarets'.

L'intendance des repas était contiée h une femme assistée par trois ou quatre personnes de condition inférieure, auxquelles étaient adjoints pour le service de la cuisine quel- (]ues esclaves dont le principal office consistait à porter le bois, tl où leur venait le nom de (lalopiioies. La femme (|ui avait lu haute main plaçait les meilleurs morceaux devant les citoyens distingués par leur prudence ou leur courage. Suivait-elle eu t'ela son propre jugement ou les indications que lui fournissait le président de la syssitie? on l'ignore. Nous ne savons pas davantage quel était ce président, si c'était un magistrat ou un simple citoyen, choisi par ses compagnons de table; le seul détail qui nous soit connu, c'est qu'il jouissait de certains privilèges. On rapporte en particulier qu'outre la portion à laquelle il avait droit comme lout le monde, il en recevait trois autres, une pour lui-môme, en raison de ses fonctions, une seconde pour sa maison, la troisième pour l'entretien du mobilier-.

L'usage de réserver des tables pour les étrangers, et l'existence dans les villes d'auberges où on logeait la nuit {■/.z:\j:r,-r,z:x prouvent |que les voyageurs n'étaient pas rares. Il est vraisemblable toutefois (|ue ces auberges étaient moins destinécN aux étrangers proprement dits qu'aux hommes de race dorienne, répandus dans les divers Etats de la (Irèce, et qui naturellement entretenaient avec la Crète de nombreuses relations. Il est certain qu'ici comme ailleurs les Doriens répugnaient à tout élément étranger. S'il n'est pas fait mention de mesures analogues à la .vénélasie des Spartiates, on sait qn il était défendu aux jcinies gens de voyager an dcliois. de pmr.

t. l'Ialoii, Minus, \>. 3iiU tJ.

2. Hôraclido dt- Puiit, c. 3, § 6. tlaasc, dans le prograiniin' cilr |i|iisli;iiil. lit Tiov (Tv«Ty.r|V(ov, au lieu do twv <t7.ï'j(ov, el penst' que lo iiri'sidfMl pouvail taire tionncur de cfllo dernit-ri' [lorliuii à quelqu'un «lus ronvivcs, réserviT à ya faiMilIt' la part de la maison xoO oi'xo-j, t-t eiivoyrr à (pii hun lui sondiliiil la [lO'.ooL àp-/'-xY,. Il rcjcite avec raison la conjecture iI'um critique qui cuncliil du LoNle d'IIcraclidc i|iii' les >yssitics avaient lii'u i\[\\\< de^' niaisoiis i>rivées.

f.di si:h\i.mi;m m. i.\ aw/n:

(lil, l*liiLoiii, (|iriU i»iil)li;i.ssenl ce (jii'ils av.iiiMil iipjiris chez eux. Dans une certaine mcsuii', leur siliialion diusulaires uicllail les (Irétois à l'abri Je visilcs trop fréquentes, mais les couiuiuuications par nier riaient trop actives sur toutes les côles <\i' la (Irccc poni' qu'ils pussent s'y soustraire tout à fait, sans compter (jut- le sol ne produisait pas ou produisait en quantité insuflisante plusieurs des choses les plus nécessaires-. La race dominante ne se livrait généralement ni au commerce ni à l'industrie; elle laissait ces ressources aux Mnoïles et aux hahitanls des villes soumises. Les Doriens linirenl cependant par relâcher quehpie chose de leur ancienne lierté et, séduits par l'appât du lucre, s'adonnèrent à la na- \iiL;alion et aux opérations commerciales^ Vainqueurs et vaincus se mêlèrent ensemble, et peu à peu s'ell'acèrent les diiïérences caractéristiques qui les disting-uaient à l'orig-ine. Les anciennes institutions se conservèrent néanmoins clans leur forme extérieure. Elles se maintinrent surtout à Lyctos, à Gortyne et dans plusieurs petites villes, moins entraînées que d'autres dans le mouvement général*. Durant la guerre du Péloponèse on voit des bandes de soldats crélois à la solde d'Etats étrangers ^ Ils avaient dès lors assez mauvaise réputation dans le reste de la Grèce : on leur reprochait d'être déloyaux, gourmands et paresseux; mais nous ne sommes pas à même de reconnaître ce qui, dans ces accusations, doit être imputé à la population dorienne ouaux habitants nondoriensMl est très vraisemblable que les diiïérences n'étaient plus guère sensibles. Les luttes des partis furent aussi fréquentes et aussi vives dans les petits États de la Crète que dans le reste de la Grèce, surtout depuis que le temps avait accru l'inégalité des

1. Frotnr/oms, p. 342 D. On lit dans Se.Ktus Empincus (adv. Mathemat., il, 20) que les professeurs de rhétorique n'étaient pas soufferts en Crète.

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