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Les anciens poètes appelaient Athènes la ville couronnée Je violettes, en souvenir de son origine ionienne à laquelle [)Oiivail eu effet faire songer la violette, en grec h-». On a prétendu que les Atliéni(^ns avaient honte de leur nom d'Ioniens^; cette supposition, mal fondée, sans aucun doute, s'expliquerait cependant. Les vVthénicns avaient, sous tous les rapports, laissé si loin derrière eux les peuples de même race, qu'ils ne semblaient plus en faire partie. Lorsque, plus haut, nous avons représenté les Ioniens comme contrastant par la variété de leurs dons naturels, par leur sensibilité et l'activité qu'ils déployèrent dans toutes les directions de l'intelligence, avec les Doriens vigoureux, mais rudes et bornég, ce sont les Athéniens que nous avions surtout en vue, non seulement parce qu'ils offrent toutes les qualités communes à la race ionienne dans leur plus riche développement, mais parce qu'ils résistèrent les derniers à la décadence qui atteignit si vite les autres nations de même origine. Athènes est appelée avec raison la lumière et l'ornement de la Grèce, l'Hellade dans l'Hellade. Si l'on célèbre la Grèce comme la contrée oij s'est épanoui le plus librement la culture humaine, c'est avant tout à Athçnes que l'on pense. Sans Athènes, la Grèce ne serait pas ce qu'elle est. Sans doute on ne peut nier qu'il y ait des ombres à cette lumière. L'éclat a été court, le déclin a été long: mais, puisque la perfection ni la durée ne sont pas de ce monde.