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LE PAYS ET LES HABITANTS 3o9
nous devons d'autant plus jouir de la beauté, partout où elle s'offre à nous, et tant qu'elle dure.
La contrée habitée par les Athéniens était d'une médiocre étendue, et ne dépassait pas quarante milles géographiques carrés*; elle n'était pas non plus favorisée par la nature. Le sol, léger et insuffisamment arrosé, n'offrait qu'une faible épaisseur de terre végétale sur un fond rocailleux, et ne fournissait pas le produit lo plus nécessaire à l'existence, les céréales, en assez grande quantitépour alimenter une population relativement nombreuse. Plusieurs parties du territoire, plus propres au pâturage qu'à la culture, nourrissaient'des chèvres et dos brebis. Les arbres à fruit, en particulier les oliviers et les figuiers, ne servaient guère qu'à flatter le goût. Il y avait nécessité de tirer les choses indispensables du dehors, ce qui était rendu facile, d'ailleurs, par la configuration du pays se prolongeant dans la mer comme une presqu'île, et grâce aux ports qui donnaient accès sur les côtes. Comme les Athéniens n'avaient pas beaucoup do productions naturelles à offrir en écbange de ce qui leur manquait, ils durent employer pour cet usage les productions de l'art. En même temps que les sinuosités de leurs rivages stimulaient leur activité et leur industrie, les commodités physiques et le climat dont ils jouissaient ne contribuaient pas peu à leur assurer la santé du corps nt la sérénité de l'âme. Comme l'a dit un de leurs poètes, le ciel dont rien n'altérait la pureté n'envoyait à la terre ni froid rigoureux ni chaleur accablante, et en illuminant le paysage oij. les vallées alternaient harmonieusemont avec des montagnes pittoresques malgré leur peu de hauteur, il tenait éveillées les âmes des habitants et les remplissait d'images sereines.
On comptait environ, dans les beaux temps do la république athénienne, cinq cent mille habitants, dont les esclaves formaient plus des deux tiers. Si l'on retranche en outre quarantecinq mille étrangers résidents, on trouve que les citoyens possédant la plénitude de h'urs droits ne dépassaient pas le
1. Voy. Bœckh, Sfanlshaush. der Athenci; 1. 1, p. 47. Clinton {Fanfillellen.. Oxford, 1827, p. 385) ne compte que 7-'0 milles nnplais. éi|iiival;int à 3i milles f^éo^rapliiqucs carrés.
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noriiltrc ilc qualrc-vinf^l dix iiiillr'. (Quoique peu forisidérablo (iiio soit cclh' |iopiil,'ilion, nri n'a vu dans aiiciitic |)arli(' di; la (rrèco un plus ,i;rand noniliri' dlioninifs liltit-s, ronslilnaiit la (até. Sans parler en clîcLdes contrées oii, comme en La<'onie, des liabilanis lilircs de leur personne, élaienl vis-à-vis de l'Etat dans un rapport de sujétion, il existait en IJéolie, en Arpolide, en Arcadie, plusieurs pelits Etals unis eiilre eux pai- des Thmis t'nrl lâches, quel(|ne,fois même hostiles les tins aux autres; nulle pari ne llorissait celte (iilé unique, dont l'Attique donnait déjà le spectacle dans les temps reculés. Une des circonstance qui aidèrent à entretenir cette concorde fui sans doute que las {)opulation n'était pas composée de ditl'érentes races, amenées dans le pays par des migrations successives, et qui, isolées dans I 'ur indépendance ou soumises à l'une d'entre elles, auraient été hors d'élal de s'élever à l'unité politique. La population était aulochlonc, (;'est-H-dire que de temps immémorial tdie se retrouvait toujours la même, et elle pouvait à juste titre se glorifiei- de ce privilège. Ce n'élait pas qu'il ne se fut produit aussi des migrations en Attique. Dans les siècles reculés, où la Grèce vit si souvent ses habitants changer de séjour, quelques bandes chassées de leur pays avaient été attirées aussi de ce côté-, et longtemps après, des traditions conlirmées par des traces visibles y révélaient l'existence de races diverses^; mais les invasions n'avaient été ni assez fréquentes ni assez compactes pour influer d'une manière essentielle sur le fond primitif de la population. Il n'y a pas lieu d'excepter la plus considérable de toutes, celle qui, conduite par Xouthos, personnage sous lequel se cache en réalité le dieu indigène, x\pollon Pythien, quitta la Thessalie méridionale oii habitaient les Hellènes proprement dits et se répandit en Attique. Elle prêta, dit-on, assistance aux habitants contre les Chalkodontides de l'Eubée, et obtint en échange des terres dans la région
■1. Voy. Bœcivh, ibi.d., p. o't et 55. On trouvera d'autres évaluations, plus ou moins concordantes,^ dans Herinann, PrivataKhcrth., ^ 1 ; Clinton, ibid., p. 387 etsuiv; Leake, Topogr. of Athcn.