‹ Antiquités grecques (volume 2)Chapitre 281 sur 494 · ANCIENNE CONSTITUTION 36S · texte numérisé non relu

ANCIENNE CONSTITUTION 36S

dans un espace circonscrit, dont quelques-unes avaient en effet entre elles des rapports de parenté, mais le plus grand nombre n'étaient rapprochées que par le voisinage et des raisons de convenance.

Les familles composant une (jens paraissent avoir été au nombre de trente, on peut du moins accepter ce nombre comme moyenne * ; trente fjentes voisines formaient à leur tour une classe plus considérable, la phratrie, dans laquelle le culte commun des divinités protectrices établissait une solidarité religieuse ; eiilin trois phratries donnaient naissance à une tribu qui, comme la phratrie et la yens, invoquait les mêmes divinités. Les tribus étaient au nombre de quatre; il y avait donc douze phratries et trois cent soixante fjeiites. On voit que ces nombres étaient l'expression d'un système politique qui reposait à la véiité sur le principe de la parenté naturelle, mais qui souvent aussi le réglait et le complétait, et qu'il avait fallu, pour rendre une telle organisation possible, que toute la nation fût unie en un même corps politique.

Les quatre tribus étaient connues sous les noms de Géléontes, d'Hoplètes, d'^Egicores et d'Argadéens". Ces trois derniers sont évidemmcntdesqualifications professionnelles, et désignent les guerriers, les chevriers et les artisans; mais qu'ils déterminent d'une manière formelle les occupations qui seules pouvaient donner accès dans la tribu, ou bien que des dénominations aussi significatives aient été adoptées, sans que l'on tint compte de leur sens, ce sont là deux hypothèses ég-alement inadmissibles. L' explication la plus vraisemblable est que chaque; tribu a été caractérisée d'après la profession du plus grand nombre de ses membres ou des plus considérables parmi eux. Telle partie de l'xittique où les habitants étaient adonnés à la

1 . De là le nom de Tp-.axâ;, appliqur à la <jai$\ vo\ . iVilliix. Vlll, lit, <^ Rœckh, Corpus Inscr. (jr. t. 1, p. 000.

2. tlérodole, V, 60; Pollux, VIII, KID; cf. Euripide, Ion, 1596. Sur l'existence de ces quatre tribus au sujet desquelles ont été émises des o|)inioiis fort différentes, on doit surtout consulter l'important ouvrap^e de A. Pliilipps, BcUr.xge zu einer Gesch. des Altischm Bitrgcrreclitcs, Berlin, 1870, p. 234- 280, et celui de S. F. tlanimarstrand, Atli/cas Fd'rfattnlnj Hn'irr Koniingaicemcls li'li'hvarf, tlpsaia, 1853, qui mériterait d'être tra'hiit.

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vie |);isl<)iali'. l>'ii'l><"iili(iremoiil u rôlevagu des chèvres, était (levenueleséjourdelalribu des^Egicores. iJemème, on dormait le nom d'Argadécns à Ja tribu qui, en raison des lieux qu'elle occupait, comprenait surtout des artisans, le nom «lllopletes ii celle où dominait l'élément militaire. On serait Icuté d'après cela déconsidérer la Iribudes Kopit-lns comme l'oiniée des bandos helléniques amenées jadis [)ar Xontlios au secours de,«. habitants de l'Altique en guerre contie les Chalcodontides de l'Eubéc, et qui en récompense avaient obtenu di- se lixer sur les côtes situées àl'opposite de cette île. Ce serait ainsi laTétrapole qui, en y joignant une partie considérable de la contrée avoisinante \ serait devenue, lorsqu'on procéda à la répartilion des habitants, le canton adecté à la tribu des Iloplètes. La contrée montagneuse qui s'étend du Parnès et duBrilessos au Cythéron dut être le siège des yEgicores. On ne peut douter, en eflet, d'après la nature du sol, que l'élevage de bétail y fût la principale ressource, ce qui ne veut pas dire que ce canton n'était peuplé que de clievriers, mais seulement que les chevriers y formaient la majeure partie de la population. Il est possible même qu'à cette région montagneuse ait été jointe une partie du territoire moins propre à la vie pastorale, sans que pour cela le nom delà tribu ait été changé.

Si d'après l'opinion que j'ai émise dans un précédent travail, il faut entendre par les Argadéens les ouvriers des champs, on devrait se représenter la tribu de ce nom comme occupant tout le pays fertile qui s'étend à l'ouest et au sud, en partant du Brilessos, et comprend les trois grandes plaines de Thria, de Pédion ou Pédias et de Mesogée ; or nous savons que la caste de la noblesse possédait dans ces parages une grande partie de ses domaines. Dans le cas au contraire ori l'on conviendrait d'appliquer le nom d'Argadéens à tous les hommes exerçant une industrie quelconque notamment aux pêcheurs, aux marins, aux commerçants et aux mineurs, il faudrait de préférence leur assigner pour séjour la Paralie. Le uom de (iéléontes est matière à contestation : suivant l'opinion la

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