Voy. Preller, MythoL, t. I. p
5. Étaient comprises parmi les Eupalrides Jioa seulement les anciennes (jentcs réputées aulocthones, mais celles qui étaient composées de nobles immigrants. Cela résulte évidemment de ce fait que la i/ens des Codrides, la plus considérable de toutes, se trouvait dans ce cas. Voy. Schœmann, Opiisc. acad,, t. I, p. 23.5.
ANCIENNE CONSTITLTION liU9
qui leur sonl adjoints sont des géomores et des démiurges. Sont appelés géomores les propriétaires de biens-fonds, si petites que soient leurs parcelles de terre, ainsi que les fermiers et les métayers. Les démiurges sont les ouvriers de toutes professions qui travaillent pour de l'argent*. Ces deux classes n'ont aucune importance politique, et peuvent tout au plus être convoquées aux assemblées populaires, lorsque les chefs jugent à propos de communiquer leur décision à la foule ou de s'assurer sou appui, comme nous l'avons vu dans les siècles héroïques. Le soin de traiter les atl'aires publiques avec le roi, à titre de conseiller ou de coopérateur, l'administration de la justice, les fonctions sacerdotales, et tout ce qui avait trait à l'exercice de la puissance publique était livré aux seuls Eupatrides". Nous ne trouvons dans ces temps reculés aucun renseignement sur les diverses magistratures. Réduits à des hypothèses, nous pouvons du moins soupçonner, d'après ce qui a suivi, que les tribus, les phratries et les gentes avaient dès lors des présidents (suAcêaj-.AsTç, çpxTp-apxo'., apysvTe; ~z\i Y£vo'j;). Nous ne sommes pas mieux informés de ce qui concerne l'administration de la justice et la composition des tribunaux. Tout ce que nous savons, c'est que l'existence de tribunaux installés sur l'Aréopage ou ailleurs, pour juger les meurtriers et autres criminels, remontait jusqu'à la monarchie. Les éléments dont était formé le Conseil des nobles, chargé d'assister les rois, est aussi pour nous lettre close'. Ce n'est pas une raison toutefois pour mettre en doute son existence, et il est probable que le même Conseil agissait aussi
1. lJ'a|.rès VElymol. M. (p. 395, 54) et le Lexicon Srgiwr (p. 257), ils s'ap- IH'Ialoiit aussi rpii/i'oinon'fi, ce i|ui, s'il va quelque conséquence à tirer de la [tréposition, semlili> indiquer qu'ils étaient surtout occu|)és aux travaux de la terre. Denys d'ilalicarnasse {Anti'/. rom., II, H) ne cite (lue deux classes, les lîupalrides et les campaf,niards. La coniusion que les anciens ont établie entre c(>s deux états d'une part et les phratries de l'autre est une erreur que je partageais, il est vrai, autrefois, mais dont je suis revenu depuis longtemps, et que je voudrais bien ne jias me voir toujours attribuée,
•2. l^lularquè, Tliés('r,2o\ Denys d'Halic, H, 8."
3. Un critiijue suppose le Conseil composé de 12 meudires d'après le nunitire des phratries, un autre en ctmqile 360, d'après le nombre des genti's. l'une et l'autre hypothèse sont arlmissililes.
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comme C.our fil' juslK-c diiiis les allaiics (•iij)ilal(!s. l'jilin c'ost sans doulc ce conseil supérieur qui, lorsqu'après la mort de Codros on ôlahlil l'aichonlal, c'osl-;ï-dire mu; sorte de royauté limitée et responsable, lut chargé de contrôler l'administration du premier magistrat, et d(! lui demander des comptes.
§ 3. — Changements antérieurs à Solon.
Le premier archonte fut Médon, fils de Codros. Il transmit cette dignité à ses descendants, devenus les Codrides ou les Médontidcs^ qui en restèrent investis trois cent seize ans environ, laps de temps pendant lequel nous n'avons rien à noter. La durée de la magistrature suprême fut alors réduite à dix années, sans qu'elle cessât d'appartenir aux Médontides, jusqu'à ce que l'un d'eux, Ilippoménès, excita par ses cruautés une haine qui amena sa déposition. A partir de cet événement, l'archontat ne fut plus le privilège exclusif d'une famille et devint accessible à tous les Eupatrides. Une révolution plus considérable se produisitbientôt après : àla place d'un archonte unique, on institua un collège de neuf membres renouvelés chaque année, qui se partagèrent le gouvernement. Le président du Collège conserva le titre spécial d'archonte et donna son nom à l'année, le second s'appela roi (Sa-iAzJç), et le troisième polémarque ; les six autres, chargés do rendre la justice, furent appelés thesmothètes. Le premier en date des archontes annuels fut un Gréon, dont le nom servit à désig-ner l'année 683 ou 686. Le dernier des archontes décennaux avait été Eryxias.
Ces changements dans la magistrature suprême eurent certainement pour cause l'ambition des Eupatrides, jaloux de prendre une part plus large au gouvernement, et en même temps le sentiment d'égalité relative qui s'était éveillé dans l'esprit de cette classe privilégiée. Après s'être soulevés contre la supériorité d'une famille, ils ne purent même prendre leur parti de voir pendant plusieurs années l'autorité aux mains