CHANGEMENTS ANTÉRIEURS A SOLON
d'un même magistrat, La situation du menu peuple n'en fut pas améliorée; ce fut plutôt le contraire. Dans le principe la magistrature suprême avait pu, en raison de son indépendance vis-à-vis de la noblesse, prendre en main la défense du peuple ; mais lorsque le pouvoir fut aux mains des Eupatrides, il n'y eut plus de barrière capable d'arrêter leur tyrannie. Les petits propriétaires surtout furent malmenés par les seigneurs dont ils étaient les voisins et quelquefois les fermiers. Dans un pays tel quel'Attique, qui récompensait malle travail du laljoureur, il dut arriver souvent qu'un pauvie homme eût besoin d'une avance ou que le fermier ne fût pas en mesure de payer sa rente. La loi contre les débiteurs était sévère, le créancier avait prise sur la personne aussi bien que sur le champ du retardataire cl pouvait le réduire en esclavage. Non seulement une grande partie de la petite propriété était tombée aussi au pouvoir d'une noblesse opulente', non seulement les anciens maîtres avaient été rejetés dans la dernière classe des paysans (OyjTsç) et étaient tenus d'abandonner à leur créancier les cinq sixièmes de la récolte'-; mais beaucoup d'entre eux avaient été vendus comme esclaves à l'étranger, à moins qu'ils n'eussent livré leurs enfants à leur place, car cette substitution était permise parla loi^. On comprend trop bien que des procédés aussi rigoureux, appliqués souvent et d'une manière générale, dussent aigrir le peuple; son ressentiment, que ne pouvait ignorerla noblesse, le poussa à des moyens qui, dans sa pensée, devaient donner satisfaction aux classes pauvres. Le droit d'après lequel étaient jugés lesdillerends n'avait pas encore été formulé en lois; il n'existait qu'à l'état de vague coutume.
1 . Li'S Ibnds mriïics paraissoiil uvoir r-tr inalir'iiaMi'S, fl, pai' coiKS(''([uoiit les produits seuls pouvaient être saisis.
2. Suivant quelques auteurs (l*liilan[ue, Snlun, lo; llésycliius s. v. £7ti(xopTo;), les débiteurs n'étaient tenus que do la sixième partie des produits, auquel cas on no s'expliquerait [)as que ces conditions aient pu paraître oppressives. L'opinion contraire fpiej'ai exposée autrefois {de Comitiin Athcn., Gryphysw. 181'.)) est aujourd'hui généralement admise. Je ne vois aucune raison de distinj^'uer les ixToiiôpioi et les Oîjtï;, comme le voudraient quehpies critii|ues. Tous les tliètes n'étaient pas, à vrai dire, des ecténiorioi, mais tous les ecténiorioi étaient des thOtes.