IL, IX, (>i-8, et xvi
3. C'est probablement par hasard que ce mot se présente uniquement sous sa forme féminine o-jy),r,. Si ôoy/.r, même ne se trouve que deux fois dans les poèmes homériques [IL, ni, ■'i09,eiOd., iv, 12), celanetientpasàla différence de signification entre ce mot et o|x(ôç, malgré ce que dit Nitzsch,à propos du passage cité de l'Odyssée. L'expression oo'jAoff-jvciV àvr/îc-Oa-., appliquée à des esclaves appelées o!J:wai (Qd., xxn, 423), prouve assez que ôoO),oç n'exprime pas le passage de la liberté à l'esclavage, ainsi que le faisaient supposer à Nitzsch les mots souvent réunis de ôo-jaiov rip-ap. Il est difficile d'admettre que les oiJ.wa: dont parle Euryclée fussent nées libres, et l'apparence servile exprimée par les mots ôo'j).£iov tlooc [Od., xxiv. 252) n'est certainement pas celle d'un homme né libre et tombé dans l'esclavage, mais celle d'un esclave de naissance et de condition.
la violence, el serait très propre à désigner les populations primitives, subjuguées par de nouveaux occupants, comme les Hilotes et les Pénestes. Le mot cV/.-^aç, de même que :V/.e-x'. qui l'a remplacé, sig-nifie en général gens de la maison, domestiques ou commensaux, et peut s'appliquer aussi à des hommes libres. Lorsqu'il sert à désigner des hommes de condition servile, il doit être pris pour une expression adoucie, qui s'accorde d'ailleurs avec ce que nous savons des relations enire les maîtres et les esclaves*.
On ne trouve en effet dans les poésies homériques aucune trace des traitements durs et méprisants dont plus tard les exemples se multiplient. Les esclaves et les hommes libres ne sont pas séparés par un abîme. On fait entrer souvent en compte la valeur personnelle des esclaves; on ne refuse même pas à quelques-uns d'entre eux la quahlication honorifique de divin'-. Eumée, qui à la vérité n'est pas esclave de naissance, mais un fils de roi enlevé et réduit en servitude par des pirates phéniciens, se montre vis-à-vis de Télémaque sous le jour d'un ami paternel, plutôt que dans l'attitude d'un valet. Il est le porcher en chef, et, dans l'exercice de ces fonctions, on peut le prendre pour un conducteur d'hommes (cp7a[j.s; àvcpwv). 11 possède un pécule, a lui-même un esclave, et était en droit de compter qu'Ulysse, s'il n'avait pas quitté Ithaque, lui eût donné une maison, un champ et de plus une femme recherchée par un grand nombre de prétendants, faveurs qui sans doute entraînaient l'allranchissement. La même supposition est permise dans le passage où Ulysse promet aux esclaves qui lui sont restés fidèles des richesses, des épouses, et des maisons voisines de la sienne, ajoutant qu ils seront traités connue les frères de Télémaque"'. liien, d'ail-