‹ Antiquités grecques (volume 2)Chapitre 350 sur 494 · PoUux, VIII, 101; Démosthène, c. T/wocr., p · texte numérisé non relu

PoUux, VIII, 101; Démosthène, c. T/wocr., p

l'assemblée de peuple 445

Éponymes qui n'existaient pas au temps de Solon. Il n'y a pas toutefois de motifs pour lui contester l'institution des Nomothètes, dans ses dispositions essentielles'. Ces dispositions consistent surtout en ceci : que le droit de légiférer appartenait moins à l'Assemblée générale du peuple qu'à un collège d'hommes, mûris par l'âge et liés par un serment ; que le peuple se bornait à décider s'il y avait lieu ou non de présenter de nouveaux projets de lois; que l'autorisation nécessaire à cet effet ne pouvait être demandée qu'une fois l'an; qu'on était tenu de donner aux propositions toute la publicité possible, afin que chacun put en juger le mérite et que la permission de passer outre ne fut accordée qu'à bon escient ; que devant les Nomothètes les projets mômes que le peuple avait autorisé à leur déférer n'en étaient pas moins combattus au nom de l'Etat par des mandataires spéciaux, chargés de protéger l'ancienne législation contre l'esprit de nouveauté ; enfin qu'une loi existante ne pouvait être abrogée sans être remplacée par une autre reconnue meilleure, et qu'une loi nouvelle ne pouvait être introduite sans que, préalablement, celle qu'elle devait remplacer ait été abrogée d'une manière expresse =. Toutes ces dispositions sont à n'en pas douter l'œuvre de Solon. Elles attestent la piudence de l'honmie le plus sage de son temps (jui, frapjié de ce que les lois ne pouvaient être immuables, ne voulut pas dumoins qu'ellesfussent changées àla légère, sans une enquête complète et approfondie, et que l'on fût exposé par précipitalion à introduire des contradictions ou à kiisser subsister des lacunes. Mais lorsque la démocialie prit force, le peuple souverain fut moins disposé à se laisser ai'ièter par ces barrières. L'usage s'établit de soumctlre en toute circonstance à la décision du])eu}>ie les projets de loi aussi bien que h'sauties propositions, et de supprimer lestléhats devant la connuission di's nomothètes. De là cet amas de lois nouvelles nées des intérêts ou

1. Voy. Scliœinaiin, ycrfiissitiif/Kgesch. v. Alhcn, p. 5;-5-t)0. 1mi admellanl. f|uc Plutar(|iic n'ait pas eu conuaissaDco de ciMlc iiisliUilion, comme on potiL riiilV'i'er d'un passaj^'o delà Vie de Solmi (c. '2ô], ce ne serait pas encore une ol)iection l)ien grave.

2. DémosUiène, e. Lciitiiw, p. '18."), el c. Tintneralc, p. 7! 1.

'l'iO (.(Il \ i;iim;mi;.n I d'miik.nks

(les (•■ipriccs (les (l(''iii;ii.'"t:j iics, cl la [K'-ccssiN'- jxnir' \' ramciu'i' un ])eii d'ordre (riiisliliicr des eoiniiiissioiis «'xlraoï-dinaiifs (jiii. suivant r('.\|ticssi(»n de Démosllit'iic, n'cii iiiiicnl jamais V(»ir la lin'. Les 'riicsniolht'lc^' (|ni <''laiint les ina,i.'islrals les ]dns ni('l(''s ;i la |trati(|U(' des lois, iccnn ni ;inssi mission de ndcvcr les coiili'adiclidns d les didccliinsili-s (|u'ils av.'iicnl |iii cfmslalor duraid leur junu-c (rcxcicicc. d de les sii:iiak!r an [n-n- \)\i\ |M ohahlcnn-nl à r('.\[)ii;ili(tn de leur m.indal. Leur rappinl . |)(d»li(|n('ment allicln'' devant les slalin-s des époiiymos-, fournissail maliî'ic à des projets (ramondenn'nl, iUml l'assemljlée du peu[tle l'Iail saisie au commencemeiil do l'aïuiiM' suivante, dans la Idiine indi(jm''e plus liaul, et (|ui, avec son asseulimeiil. élaioiil discutées ensuite devant les NonKjliiètes.

En ce qui concerne l'élection aux offices publics, depuis que la voie du sort avait prévalu, il restait bien peu de cbarges sur lesquelles l'Assemblée du peuple eut à se j)rononcer. De ce nombre élaienl toutefois les commandements militaires, l'intendance générale et bi contriMe des linances. (pielquos autres encore, qui trouveront place un peu plus loin. Il est impossible d'admettre, comme Ta prétendu ungranmjairieu de second ordre, que les scrutins électoraux (àp-/a'.ps7(a'.) n'eus.scnt lieu que dans les derniers jours de l'année; il fallaitbien laisser aux nouveaux élus le temps de subir l'épreuve légale, jionr laquelle nous renvoyons également au prochain paragraphe"'. La dii'oction des séances où devaient être choisis les chefs militaires paraît avoir été dévolue aux neuf Archontes''; elle appartenait sans doute pour les autres élections auxPrytanes et aux Proëdres. Ils devaient faire comiaître les noms des concurrents, s(vit que les intéressés eussent eux-mêmes posé leur candidature, soit qu'ils fussent simplement inscrits sur une liste. Il pouvait se faire aussi>que les candidats ne se déclarassent ou ne fussent proposés par d'autres que dans la séance même où

\. Diî'mostlu'ue, e. Lcpfine, p. 485; cf. Scliœmann, de Conufiis, p. 269.

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