‹ Antiquités grecques (volume 2)Chapitre 358 sur 494 · DémoSthène, p. Ctésiphon · texte numérisé non relu

DémoSthène, p. Ctésiphon

§7. — Des fonctions publiques.

Outre qu'un État, dans les conditions oi^ise trouvait Athènes, ne pouvait se passer d'un personnel administratif nombreux, il est dans la nature de la démocratie de multiplier les fonctions publiques au delà du nécessaire, soit pour les rendre accessibles à un plus grand nombre, soit afin de prévenir, en la divisant, les abus de l'autorité. Parmi ces fonctions, nous devons évidemment nous borner à signaler les plus im[)ortanles, qui soit d'ailleurs les seules sur lesquelles nous possédions des renseignements précis. Pour les autres, qui ne nous sont connues que par quelques indications éparses et ne peuvent être que matière à conjectures, notre plan nous force à les passer sous silence, ou du moins à les mentionner rapidement. Mais avant d'aller plus loin, il est nécessaire de consigner ici quelques observations générales sur l'administration athénienne, et de distinguer plus nettement que nous ne l'avons fait encore, dans le monde des fonctionnaires, les magistrats (ap7cvT£ç) représentants directs de l'autorité, les administrateurs ou curateurs {h:K\>.tKr{Z3.')^ et les subordonnés ou serviteurs (j-r,pÉ-a'.v)'. Les magistrats proprement dits sont les fonctionnaires qui exercent une délégation de la puissance publique et dont l'autorité n'est limitée que par le respect des lois et la responsabilité (ju'ils encourent vis-à-vis du souverain. Dans le cercle de leurs attributions, ils commandent aux citoyens, punissent les récalcitrants, tranchent les contestations ou, s'ils ne veulent ou ne peuvent le faire, convoquent un tribunal dont la présidence leur est dévolue. Les curateuis n'ont qu'un mandat spécial j)(>iii- nu objet déterminé: peu importe «pir ccl objet soit accidcnlrl, comme la constru(ii(»iMlrs monument s puhlics.ouiju'il re\ icnn»' régiilièi'emeiit à époques lixes, C(unmi' la célébration dr certaines fêles. D'ailleui's l'autorité des curateurs, dans la sphine

1. Voy. de Comilihs, p. 307, et .l>/^i'/. -hir. jiuhl. Gr., p. 235.

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(le Iciifs ;illriljiili<ti)s, n'est hociiéc aussi qin; pur r()!)Scrv;ilir»n (le l;i loi on les iosli-iicl ions p.iiliciilirres qn ils ont pn l'cccvoir. La (jnrslion de savoir' s'ils ont le dioil de, coinniandef, de punir, de juf^t'r les dillércnds on de prt'-sidcr un trilmn.il doit s(! résoudre d'apri'S la natuic [)arliculiiTe de jeuis loneliuris. Un passage d'.'Escliiiie nous apprend (jue dans AlliiMies tous los curateurs, dontla mission durait plus de trente jours, avaient le droil, en certains cas, de constituer un tribunal et de le présider'. Il fallait nécessairement pour cela que les procès eussent trait aux aiïaires dont ils étaient chargés, qu'ils eussent été appelés à les juger et (jue ce jugement en première instance n'eût pas satisfait les ])ailies. Enfin les subordonnés [Jra,ç.i-.-x') n'agissaient pas de leur chef et se bornaient à exécuter les ordres de leurs supérieurs. Au reste, à Athènes aussi bien qu'ailleurs, ces distinctions étaient souvent confondues dans le langage ordinaire. Ainsi les mots àpyr,, ôiç,yv.^) ne laissent pas d'être appliqués souvent à des charges qui n'avaient pas, à vrai dire, un caractère politique et gouvernemental^ comme par exemple aux fonctions des juges qui composaient les cours de justice ou môme au ministère servile des scribes et ries bérauits^ Ces dénominations sont donc un peu capricieuses, et ne peuvent servir à reconnaître nettement dans (juel ordre rentrent tels ou tels fonctionnaires. Il existe cependant un caractère constant, d'après lequel on peut grouper les magistrats d'un côté, les subalternes de l'autre, c'est la gratuité des fonctions'. Le plus souvent^ les fonctions des curateurs étaient aussi gratuites, mais cette règle comportait des exceptions. Les 7jVG'./.s'., par exemple, que l'on pouvait ranger parmi les kT.'.\j.tlr~.xi, recevaient un salaire; mais en général, les fonctions de cet ordre, comme les magistratures, étaient réputées un devoir citique, dont on était assez payé parla considération que l'on en tirait. Il n'est pas douteux d'ailleurs que la participation aux affaires publiques ait souvent fourni l'occasion de

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