Voy, Att. Pi'oress, p. 'il
DES FONCTIONS Pl'BLlOIES 471
Archontes se réunissaient aussi chaque année pour tirer au sort les lïéliastes, et choisir les Athlothètes, chargés de décerner les prix dans les Panathénées. Ils s'assemblaient également pour diriger l'enquête connue sous le nom de Èz'.-/s'.poT:v!a, à laquelle étaient soumis les fonctionnaires dans la première séance générale de chaque prytanie, et pour p(jser au peuple la question sacramentelle. Enhn ils présidaient, dans les réunions électorales, au choix des Stratèg-es, des Taxiarques, des Hipparques et des Phylarques. Il n'était évidemment pas nécessaire, pour ces diverses opérations, que le collège agît en commun; il suffisait que l'on s'entendît pour distribuer le travail entre les membres qui le composaient. Dans certaines affaires litigieuses, les Archontes avaient aussi en commun la présidence du tribunal, par exemple dans les procès dirigés, ù la suite de l'Epicheirotonie, contre les fonctionnaires suspendus ou révoqués; mais là encore il est difficile de déterminer de quelle façon doit s'interpréter cette intervention collective. Cela veut-il dire que les neuf Archontes étaient présents à la fois, ou que tantôt l'un tantôt l'autre était charg-é de telle ou telle affaire, suivant l'occurrence et d'après la nature des débats?
Nous reviendrons plus loin sur les altrihu lions religieuses tIévoluesauxArchontes; il suffit ici de r('niar([uer (ju'aupreuiier Archonte incombait l(> soin de veiller avec le concours des Ej)imélètes à la célébration des grandes Dionysiaques ou Dvonisiaques urbaines et à colle des Tharg-élies^ ce qui entraînait le droit de présider le tiibunal appelé à juger les procî's (|u"avaient pu occasionner ces solennités. Le Roi avait rinlendance des Mystères, des Lénécnnes et de tous les combats gxniiii- <|nes, et aidait à résoudre comme présideiil les conleslatioiis survenues à propos de ces fêles. Enlin le polémar([ue était chargé des sacrifices olfertsà Artémis Agiolère et au dieu guerrier Enyalios, des cérémonies funéraires en l'Iutniieur d'ilarmodius et d'Aristogiton, el des honneurs rendus aux ciloNcns morts pour la [tatrie durant la [uvMnièi'e gueife inédi(|ue. Le Uoi partageait aussi avec les dix g(''néraux la conduile de l'arniée. Il avait place au[très d'eux dans les ciiusi'ils de mierre et diiianl la bataille commandait l'aile droite, ce cpii vient à l'apiuii de la conjecture émise [)Uis hani, (|ue les fonctions des Archontes
iioi \ I h\i:mi:\ I d ai iii.nks
filiciil ii'-^t iciiiti's |tcil ;i |H'il, ;ijHrs la iimil di- SdIuii rt SUl'luiil ,'i|irrs la loi d'Arislidr.
Les li'ois |UTiiii('is A iili'iiilcs (''laiciil assisli'S cliaciiii pai' deux asscssciiis. (|ii ils (didisissa h'mI liln l'Hicid. Les as.scssciii's, (■(iiiiiiic les liliilairrs, ('•laicnl simiiiis a des rMunivcH, drvaii'iil rciidrt' cniiiplf à I Cxjdi'aliiMi de Iniis roricliuiis, cl ])mivai('iit vive coiiga'dirs aiiparavaid. Les riicsiiKttlil'tcs n'avaiciil pas d'asscssciiis ; s'ils rccouraiciil à une assistanco étrangèro, C(.' iiY'lail là (jii'iiii service privé (jtii laissait leur respoiisal)ililc enlit're. Kii prciiaill possessinu de leur charge, les Aiciniiiles jiii'aiciil d <d»scrvcr lidîdemeiil les hds. de i-ésistcr à toute leutalive de corruption, et s'eugagcaieiil, s'ils violai<;ut leur seruieut, à ériger dans les temples de Delphes, d'Olympie et d'Alliènes des statues d'or de grandeur iialurelle'. Il est difficile de croire qu'où entendît simplement par là des statues dorées, connue l'ont supposé f|U(d<{ues critifjues, c'était pluloi une formule consacrée pour désigner uru' peine inapplicable, dont la non exécufiou avait pour conséquence Fatimie-. I']n sortant de charge, les Archontes qui avaient fidèlement rendu leurs comptes et n'avaient encouru aucun reproche devenaient de droit membres de l'Aréopage.
Le Conseil des Onze avait, comme les Archontes, mission de rendre la justice. Il ne se composait en réalité que de dix membres; le greffier complétait le tribunaP. Sans faire^ à proprement parler, partie du ('ollèg-e, il paraît avoir pris une part très considérable aux affaires. Il avait sans doute sous ses ordres nn ou plusieurs greffiers de moindre importance. Parmi les attributions des Onze, il faut compter d'abord la surveillance de la prison'*. C'est entre leurs mains qu'étaient
1. Platon, Fhrdre, p. 235 D; PluUirque, Solon, c. 25; Pollux, VIII. S6; Suidas, à. v. •/puio e'txwv.
2. Cela rappelle la réponse d'un Spartiate à un étranger qui demandait quelle était à Sparte la peine réservée au citoyen coupable d'adultère. II devrait, dit-il, fournir un taureau qui boirait dans l'Eurotas, en passant la tète par-dessus le Taygèle {P\uUrque, Lijfuvijue, c. 15). Cf. Bergk, dansle A'cj/es lihfin. Mmeum, t. XIII, p. 448.
3. Pollux,!. VIII, c. 102; voy. aussi Anfiq. Jiir. pithl. Gr., p. 245. ?.
4. La prison ou les prisons, car il est vraisemblable qu'il y en eut plusieurs
DES FONCTIONS PUBLIOUES 473
remis les individus qui devaient être incarcérés, à eux aussi revenait le soin de faire appliquer par l'entremise de leurs valets, les sentences de mort qui généralement étaient exécutées ni>n en public, mais à l'intérieur de la prison. Les passages oîi d'autres officiers publics sont signalés comme avant livré des criminels au bourreau, doivent être interprétés en ce sens qu'ils les mettaient entre les mains des Onze, lesquels se déchargeaient du reste sur le or,;j.'.oç. Les Onze étaient compétents pour juger les crimes contre la vie et contre la propriété, qui entraînaient l'emprisonnement ou la mort, si le coupable était pris sur le fait*. Lorsque l'aveu du crime rendait inutile une plus ample instruction, la peine suivait immédiatement; sinon, ils provoquaient une enquête dont ils se réservaient la direction, et présidaient le tribunal. C'est devant les Onze qu'étaient portées les accusations contre ceux qui avaient détourné quelque partie des biens confisqués. Dans ce cas encore ils étaient chargés de l'instruction et de la présidence. D'anciens documents démontrent qu'il ne s'agit pas seulement ici de malversations portant sur des biens qui avaient appartenu à des condamnés à mort, et que les Onze avaient par devers rux la liste des biens confisqués, sur laquelle ils effaçaient à mesure ceux qui étaient livrés à l'Etal".
A la suite du Conseil des Onze viennent naturellement b's officiers de police {à^x'x/6i>.i'.) . Chaque année le sort en désignait dix, d'après le nombre des tribus, cinq pour la ville et cinq pour le Pirée^. Leurs attributions comprenaient tout ce qui concerne la police urbaine, par exemple, l'entrelien des rues, jiour lequel ils avaient sous leurs oidros des balayeurs (y.irs:/.:v;f), elle soin de la décence publique. Aussi tout le personnel qui sert au plaisir des autres, musiciens etmusicieimes, charlatans et saltimbanques, étaient-ils placés spécialement sous
dans AlliiMios; voy. ilr Atllsr.hr Prnci-fis, p. 7:^. cl t'iricli, lo-hn- die Kilf- )/i:viinrr, p. 231.
1. L(!S lioiniiicscoupahlos do res crinn's rliiiciil s[it'ci;iloment a[)pol(.''S xxxoOcyo'.. Voy. Mlisrfw l'ror.css, p. 228, 3.