‹ Antiquités grecques (volume 2)Chapitre 417 sur 494 · Pollux, 1. VIII, c · texte numérisé non relu

Pollux, 1. VIII, c

LF.S FINANCES "i 1 9

OU la moitié d'un talent, les Zeugites dix mines, et l'on a essayé d'interpréter ce passag-e en ce sens qu'étant donnée une somme à percevoir de cent mines, les 6/10 incombaient aux Pentakosiomédimnes, 3/10 aux Chevaliers, et qu'il restait 1/10 à la charg-e des Zeugites, chaque classe devant ensuite répartir la part contributive entre tous ses membres'. Une semblable explication ne serait admissible que dans l'hypo- Ihèse impossible à soutenir où la fortune des Pentakosiomédimnes aurait été aussi à celle des deux autres classes dans le rapport de 6 ;i 4, autrement dit que les 3/3 de la fortune imposable auraient été entre les mains des Pentakosiomédimnes. La seule explication admissible est celle de Bœckli", d'après laquelle, pour établir l'assiette de l'impôt, on mulliphait dans chaque classe le revenu par 12, c'est-à-dire que la fortune des Pentakosiomédimnes, qui avaient un revenu net minimum de 300 médimnes, était évaluée à 12Xo00 = 6,000 médimnes, en d'autres termes à 6,000 drachmes ou un talent, chaque médimne étant coté une drachme. Parla mémo opération^ l'avoir des Chevaliers, qui récoltaient pour le moins 300 médimnes, était évalué à 3,600 drachmes, et enfin celui des Zeugites à 1 ,800. Toutefois cette régule, que le capital calculé sur le revenu servît intégralement de base à l'impôt, n'était pas appliquée avec la môme rigueur à toutes les classes. Seuls, les Pentakosiomédimnes y étaient soumis. On ne tenait compte en réalité pour les chevaliers que des 3/6 du résultat auquel nous sommes parvenus, que des 3/9 pour les Zeugites, ce qui réduisait le capital imposable des premiers, à 3,000 drachmes, celui des Zeugites à 1,000. La somme d'après laquelle était calculée la part d'impôt allerente à chaque classe est ce qu'on appelait son -■- [j:r,[j.'ji; c'est du -:(;x*/;;;.a qu'il est question dans le passage de Pollnx. Lorsque par exemple on décrétait une contribution de 1/30, les Pentakosiomédimnes avaient à payer 1/3(1 de ini talent, soit 120 drachmes, les Chevaliin-s en étaient quilles pour 60 draclmies, les Zeugites pour 20, sauf peut-être un sujqdémeut

t. Voy. nrilliiKimi. ilr'nrh. DiDkinïrdiijk,, p. ~)2

•2. Voy. Vuvckli, Sliiallis/nnish., t. I, p. 65:5. Ccn'osl pas loliou (rexaminor ici li^s oijjoclions propostVs par Tclfy, Cnri). .lur. Ad., p. r):M-53.").

r)20 f;ni-vi:n\i:Mi:NT d'à riii:Ni;s

[iropuil ioiiiicl [Hiiir ceux dniil l.i loi I iiiii- (|i''[),issii.il le niiiiiniiirn (le leur liasse. Li's Tlii'lrs en l'imu'-imI ('•l.iirnl paiivros d jiar siiilc ('.\ciii|ils iriiii|)nts ; mais laiil (|iir les ciloyeiis (]iii ne possiMlairnl pas de fonds de Icire, on qui en jjossrdaiciil d(3 li'op oximis pour que le lovcnu «piils on liraient leur donnât place dansTiino des classes su|)érièures, ftiient njctés dans les ranss dos Thèles, il y ^^ut parmi ces prolélaircs un certain nombre do gens aises, el tel d'entre eux put «^ag-ner dans le commerce ou l'industrie plus que ne rapportait une propriété donnant accès à la troisième ou même à la seconde classe. Il n'y avait pas de motifs pour que les citoyens qui se trouvaient dans ces conditions et qui se multiplièrent naturellement h mesure que se développa la fortune mobilière, échappassent à Timpôt, alors même qu'au point de vue politique ils étaient confondus avec les Tbèles. Par quel procédé furent- ils rangés parmi les contribuables! Nous pouvons d'autant moins répondre à cette question que nous ne savons pas même sûrement s'il existait déjà un mode d'impôts fondé sur la classification de Solon, dans le temps où les trois premières classes n'admettaient que des propriétaires fonciers. Il est très probable qu'à l'époque où l'on trouve des traces incontestables du système que nous avons exposé plus haut, l'organisation de Solon avait été déjà modifiée. Les anciennes dénominations subsistaient', mais les citoyens non propriétaires n'étaient plus exclus des classes supérieures. Le capitaliste, le marchand, l'industriel, dont le revenu égalait celui des Pentakosiouiédimnes, des Chevaliers ou desZeugites, appartenaient à l'une ou l'autre de ces trois classes, et jouissaient des privilèges inhérents à chacune d'elles, do même qu'ils en subissaient les charges. Le premier impôt dont, à notre connaissance, ait été frappé le revenu remonte à l'année 428 (Olymp.88, l)'.Pour dire vrai, on ne sait pas au juste si ce fut on effet le premier de tous, ou seulement le premier, à partir de la guerre du Péloponèse. Quoiqu'il en soit, il subsista jusqu'à l'archontat du Nausinikos

1. Une inscription un peu postérieure à Euclide et publiée par Rangabé Anliq. Hellen., n" 2323, 12), mentionne encore les Pentakosiomédimnes.

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