‹ Antiquités grecques (volume 2)Chapitre 42 sur 494 · IX · texte numérisé non relu

IX

même, parent de la victime ^ Il est permis de supposer que cette circonstance aggravante excluait la faculté de la rançon. On ne sait pas^ d'ailleurs, si les meurtres étaient prémédités. Le cinquième exemple est celui dePatrocle, tuant, tout jeune encore et sans le vouloir, un garçon avec lequel il s'était querellé en jouant"; on ne voit pas clairement s'il n"y avait pas aussi entre eux quelque lien de parenté. Il n'en existait certainement aucun entre Théoclymène et sa victime ^ Prit-il la fuite parce que les parents n'avaient pas consenti à recevoir le prix du sang, ou bien parce que lui-même n'avait pas la volonté ou les moyens de le payer? Les paroles par lesquelles Ajax s'efforce de désarmer Achille prouvent au moins qu'un refus obstiné de la part de la famille était jugé sévèrement \ L'indemnité était fixée sans doute à l'amiable, suivant les circonstances; on ne dit pas qu'elle fut fixée d'avance, comme dans l'ancien droit germanique. Le procès que représente le bouclier d'Achille ne porte pas sur la quotité de la somme à payer, mais sur le point de savoir si elle a été réellement payée ; le meurtrier l'affirme, son adversaire le nie; il n'y a fil qu'une affaire de droit civil.

Bien d'autres questions intéressant aussi le droit civil devaient être soulevées dans les temps héroïques, à propos de l'achat, de la vente, du louage et autres contrats semblables; mais Homère en parle rarement et est très sobre de détails. La règle posée par Hésiode, qu'on ne doit pas traiter même avec son frère sans témoins, ne devait pas être moins applicable à cette époque'^. On a vu plus haut porter devant la justice une contestation dont l'issue dépend des témoins. Dans la course des chars, Ménélas, par une invitation extrajudiciaire,, il est vrai, défère le serment à Antiloque, et le somme de jurer, comme cela est juste, qu'il n'a pas usé de

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