I.KS FINANCF.S o
Ce n'ost pas seulement par des contributions en espèces que l'Etat pourvoyait à ses besoins, mais aussi à l'aide de diverses prestations (Àr.TojpY''z'.), qui, sans enrichir le trésor, lui épargnaient au moins des dépenses \ On distinguait les Liturgies ordinaires {bf/:JvX<.y), qui revenaient régulièrement chaque année^ même en temps do paix, et se rattachaient toutes au culte et aux fêtes publiques', et les Liturgies extraordinaires, consacrées à l'entretien de la flotte. Parmi les premières, la plus importante est laCihorégie, c'est-à-dire la formation d'un chœur destiné à figurer dans les fêtes que rehaussaient des représentations scéniques, tragédies, drames satiriques ou comédies, des hymnes ou des dithyrambes, les sons de la f'ithare et de la flûte, et des danses telles que la pyrrhique et autres. Le Liturge ou Chorège devait réunir le personnel îles chd'urs, payer ceux qui ne remplissaient pas eux-mêmes un service public, les faire instruire et exercer, les nourrir durant ce temps et leur fournir les costumes et les accessoires nécessaires^, toutes choses qui, eu égard au nombre et à la magnificence des chœurs, exigeaient des dépenses considérables, sans compter les soins et la peine. Nous voyons par exemple qu'on avait payé pourdeux Chorégies tragiques 5,000 drachmes et pour une seule jusqu'à 3,000. En revanche, un chœur cycli- (juc ou dithyrambique n'avait coulé que 300 drachmes; un chciHir composé de jeunes garçons dansant la pyrrhique en avait coûté 700; un chœur comique avait atteint le chiiTre de 1,600. En admettant que les Chorèges en fissent souvent plus qu'on ne leur en demandait, soit par amour de l'art, soit pour capter la faveur populaire, cette Liturgie n'en était pas moins en général une charge très onéreuse. Aussi au temps de Démosthène, lorsque commença le déclin de la prospérité publi([ne, il devint diflicile de trouver des (ihorèges en nombre siiFlisant, et l'Etal fut réduit à se chai'ger lui-même de la Chorégie. Par la même raison plusieurs chœurs l'urenl sup-
1. C'esl-à-diro prostalions à l'usago du poiiple, «le XsTtov oL Ëpyov. ),jTto; (aéVtoç, ),r,t'To;) vient en olï'ol de >.sw; (Xaô;) et est synonyme de ôr,ii.ô(7'.o;. 2. Démosthène, r,. Lepline, ^ 125.
'■^. Voy, Bœcivli, Sliinhlixiit^h., t. 1. p. (lOii (M <[\'w .
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LJiK' .iiiliT Liliif;^ic,aiialo:^uu i"i la |)r(''(:(''(lci!((', (]iif)i(|ii(' iiioiiis (lisjx'iKliciiso, clail lailyiniiasiaicliic.cn usauc dans les IV'losoii Wm (■('•Irhraildcs j(Mi\ ,i.'\ nmi(]i]('S ' . Le (1) ninasiarcjuc avait, à et' qu'il paraît, Ir drvdir de faire oxia-cer dans les gymnases ceux qui se présenlaienl comme lutteurs, do les défrayer tant que durait cet onliainemont, de disposer d'une façon convenable ri d'orner remplacement du combat. Dans certaines fêles, il était d'usage de disputer des prix en courant à pied ou à cheval avec des torclios allumées ; les dépenses do ces jeux oonstitnaiout une liturgie analogue à la Gynuiasiarcbie, et désignée sous le nom spécial de Lampadarchie. Lysias rapporte que dans les l'romélhénnes, une des fêtes qui se célébraient à la lueur des torches, un Gymnasiarque n'avait pas dépensé moins de douze cents drachmes. Nous devons mentionner aussi l'Arcliéthéorio, qui consistait à envoyer une théorie chargée de représenter lEtat dans les solennités étrai. gères, et dont les frais étaient supportés en partie par le trésor public, en partie par l'Archéthéoros à qui, s'il voulait bien faire les choses, il en coulait une somme assez considérable '. Il existait encore d'autres prestations liturgiques moins connues, comme par exemple l'Arrhéphorie, dont nous savons seuît-ment qu'elle se rattachait à la procession faite en l'honneur d'Athêna durant les fêtes de Skirophorion, dans lesquelles figuraient sous le nom d'Arrhéphores, quatre jeunes filles choisies parmi les familles les plus illustres, et chargées de travailler au péplos de la Déesse. Telle était aussi une sorte de liturgie triérarchique, instituée pour fournir aux dépenses des courses de chars et des combats navals simulés. Il y en avait d'autres encore ; quelques-unes même s'accomplissaient dans le cercle restreint des tribus et des dêmes. Ainsi à certaines solennités on offrait des banquets aux membres de son dême ou de sa tribu (b-ûc7£'.ç), et des fêtes spéciales aux différents dêmes exi-
1. Voy. Bœckh, Staatshaiish., ji. 009 et suiv. 'l. Voy. Bœckli, ibid.y p. 30'.).
LES FINANCES o2o
geaient une mise en scène pour laquelle on désignait des Chorèges et des Gymnasiarques'.
La loi n'assujettissait à ces Liturgies, du moins à celles qui intéressaient tout l'Elat, que les citoyens aisés possédant plus de trois talents. Encore faisait-elle exception pour ceux qui avaient placé leur avoir dans les exploitations minières, parce qu'ils avaient de ce chef d'autres impôts à payer'. Quelques-uns étaient exemptés aussi par une faveur particulière; d'autres devaient leur immunité à leurs fonctions, par exemple les Archontes en exercice. Les orphelines non mariées étaient aussi dispensées des liturgies; les jeunes garçons orphelins jouissaient de la même prérogative une année encore après leur majorité. Nul n'était tenu d'accomplir deux Liturgies par an, ou d'accomplir la même deux années de suite^ Il existait des règlements pour déterminer l'ordre dans lequel devaient être appelés les citoyens passibles des Liturgies, ce qui n'empêchait pas qu'à chaque renouvellement des appréciations contradictoires se produisissent, sur lesquelles les tribus avaient à se prononcer après examen, car chacune d'elle devait fournir un Liturge. Le citoyen qui n'acceplail pas leur décision et prétendait avoir été mis en réquisition à la place d'un autre pouvait, à l'occasion de toutes les obligations liturgiques indistinctement,^n'oposer l'échange des biens, comme on l'a vu pour I'eItçcpaet la Triérarchie. De là naissaient souvent des procès dont le jug-ement appartenait au magistrat dans les attributions de qui rentraient les fêtes aux(|uelles se l'attachaient les Liturgies.
PUis importante et plus coûteuse (jue toutes les liturgies ordinaires était la Triérarchie, <[ui consistait à é([uiper un bâtiment de guerre. Le nom était resté le même, depuis que les Athéniens avaient des galères non plus seulement à trois rangées mais à quatre, à cinq et jusqu'à trente rangées de rameurs*.
1. Voy. l]n;ckli, titdiU.'ihaHsk., p. .Sl(), <'Lles romai'quoâdo Scliœinanii sur Isce, p. 221,205 oL 387.