Voy. Antiq., p
Dans le cas où le maître était lui-même le meurtrier, il devait y avoir un moyen de nepaslaisser Iccrime impuni, caria loino donnait pas droit de vie ou de mort sur les esclaves ; mais l'affaire n'était de la compétence ni de l'Aréopage ni des Éphètes, qui avaient pour mission spéciale de tracer aux personnes chargées de demander réparation du sang répandu, le moyen légal de satisfaire à un devoir sacré, sans se faire justice elles-mêmes. Le droit attique ouvrait encore des voies par lesquelles tout citoyen en possession de ses droits pouvait, aussi bien que les parents du mort, obtenir la punition du meurtrier'.
Dans les idées religieuses de l'antiquité, le meurtrier était réputé impur. Non seulement l'ombre delà victime criait vengeance contre lui; il était en butte au ressentiment des Dieux, à qui le meurtre était en horreur. L'impureté dont il était souillé et les effets de la colère céleste s'étendaient sur tous ceux qui tentaient de le sauver, ou qui seulement avaient commerce avec lui^ Aussi commençait-on les poursuites par une déclaration solonnelle {r.piç,pr,z'.:) interdisant au meurtrier l'accès des places publiques, des assemblées et des temples. Cette dénonciation était faite une première fois, à la suite des funérailles, même en l'absence du meurtrier; on la renouvelait sur l'Agora, en même temps que l'on citait le coupable à comparaître devant le tribunal; enfin elle était répétée une troisième fois par le Roi, au moment où il recevait et enregistrait la plainte ^ Venait ensuite l'instruction du procès (ivr/.p'.j-.ç ou t.ooc;v.x-'.x) destinée à éclairer le lioi sur la question de savoir si l'on avait bien saisi le tribunal compétent*. Il pouvait par exemple res^ sortir de l'enquête que le meurtre présenté comme un crime prémédité était en réalité l'effet du hasard, auquel cas il devait être porté non devant l'Aréopage, mais devant le tribunal sié-
\. Voy. sur i'Apagogé, l'iMidéixis et l'I'jsangi'lic ilirii^ros conlro los meurtriers, AU. ProcesK., p. 230, 2'i4 et 263.
2. Voy. les notes de Schœmann sur les lùiniriiiilis (i'.Esciiyle, p. 09, et comp. Moïse, /w iVomôrfs, c. 35, v. 33.