Platon, les Lois, 1. I, p. 642 C
2. Dans l'oraison funèbre que Thucydido lui fait prononcer à la fin de la première année de la guerre (1. II, c. 37).
ÉDICATION KT HABITUDES SOCIALES o7'l
nous sig-nalerons autant que possible les modifications qu'elle subit avec le temps. Commençons par ce qui a trait àTenfance, L'autorité du père sur l'enfant nouveau-nr n'était guère plus limitée chez les Athéniens que chez la plupart des anciens peuples'. Il pouvait, sinon faire mourir-, du moins exposer l'enfant qu'il ne lui convenait pas d'élever. Que ces abandons fussent fréquents à l'époque dont la Nouvelle Comédie reproduit les mœurs, c'est ce qui est attesté parles imitations que nous en ont données les Romains, d'autant moins suspects d'avoir en cela transporté dans des pièces grecques les habitudes romaines que ces expositions d'enfants sont toujours des moyens calculés pour dénouer l'intrigue \ Les comiques grecs nous fournissent d'ailleurs la preuve directe que même des familles favorisées delà fortune ne se faisaient pasfaute de se débarrasser ainsi de leurs enfants, en particulier des filles*. Il paraît même que si cet acte dénaturé était formellement ])làmé par les gensde bien, l'opinion générale ne le jugeait pas sévèrement. On exposait l'enfant de façon à pouvoir espérer qu'il serait sauvé de la mort par quelque bonne àme qui le recueillerait et rélèverait. Le plus souvent, l'enfant portait des signes qui devaient aider ses parents à le reconnaître dans des temps plus heureux*. Il n'était pas permis de tuer un enfant que l'on avait commencé à élever ®. Anciennement le père était autorisé à mettre son enfant en gage ou à le vendre; Solun abdiit ce droit, en n'exceptant de sa défense que les filles
1. Voy. plus haut p. 128. far occasion, nous faisons remarquei' que dans le passage souvent cité d'Aristote {Polil., 1. VII, c. 14, § 10) il faut lire : Ttepi oï à%o^intM- xa\ Tpo:pri; T(î)v y'y'^fAÉvwv ïa-ii) vÔjjlo; [j.r;o£v 'iznzr,pM\i.z'/oy xpecp£iv, ôcà oï ii/.r|Oo; xlxvdiv, Èàv ïj tcIÇi; xtùv lOtov x(i>).'jr| \i.T,oiw auoTcOîcrOat T(7)v Yiyvo[Alv(i)v, (opiaTat ye oîî tTi; -cexvoTTOd'a; tb nXriOo; (au liCU de ('.iptUTa: yàp oui.)
2. On peut conclure cepi-ndanl d'un [)assage de Térence {llcttutuntiin. IV, I, 22) que ces actes de barbarie n'étaient pas absolument sans exemple.
;5. Comme dans la pièce de Térence citée ci-dessus.
4. Voy. dans les FnK/in. Cmnic. Gr., de iMeinecke (t. IV', p. 510). un fragment de l'osidippos, cité par Stobée {Florilnj., tit. 77, 7), les objections qu(" m'ont adressées à ce sujet (piclques critiques paraissent dictées par des sentiments d'humanité plus i(ue par des considération-; crilii|iic> .
5. rv(.)p:aiJ.aTa, voy. Becker,, C/((r?'//i7cN, 2<: cdil. l. I, p. :'. iJ.