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(l'.uilrc hiil (jiir (Ir pouvoir récilor les poèmes avec un acconipagncnieiiL approprié. La lyre, sur la(|ucll(' les enfants s'exerçaient, était bien l'instrument le plus propre à cet usage'. Sonfller dans une llùte élait réputé un passe-temps malséant pour un homme libre, sans doute dr-puis qu'Alcibiade avait refusé d'en jouer^. Ceux qui^voulaient devenir musiciens de profession bravaient seuls ce préjugé, et il ne s'en trouvait guère parmi les futurs citoyens, qui voyaient s'ouvrir devant eux des carrières plus honorées. Suivant Aristote^ pratiquer l'ait comme un métier, non pour son plaisir ou pour ac-quérir un talent de plus, mais pour l'agrément des autres, et en vue d'en tirer profit, était une industrie convenable seulement à des mercenaires. Les virtuoses les plus en faveur et les plus richement payés n'étaient pas moins des hommes de condition inférieure. Ceux d'entre eux qui jouissaient de la considération publique le devaient moins à leur talent d'exécution qu'à la connaissance abstraite des lois musicales qui se rattachent aux problèmes les plus élevés de laphilosophie. Comme moyen général de culture, la musique n'était prisée qu'en raison de son influence morale. Aussi, tant que l'on plaça dans l'équilibre de l'âme le principe de toute vertu, on ne fit servir à l'instruction de la jeunesse que des modes calculés pour produire cette harmonie, et en les associant à des paroles qu'ils avaient mission d'animer. La musique sans paroles ne semblait qu'un jeu sonore, et fut adoptée seulement lorsqu'on ne chercha plus qu'à chatouiller l'oreille ou à faire naître des sentiments vag-ues et confus. Cette décadence de la musique s'était produite dans Athènes dès le temps d'Aristophane. Les poètes eux-mêmes flattaient le mauvais goût du public, en accommodant des paroles à des rythmes efféminés*.
Il paraît que les leçons de gymnastique commençaient à peu près en même temps que les leçons de musique et ne tenaient
-1. Voy. les notes d'Hermann, sur le Chariklês de Becker, t. II, p. 38.
2. Plalarque, Alcibiade, c. 2; Aulugelle, 1. XV, c. 17; cf. Aristote,Pù/tï., 1. VIII, c. 6, § 15.