Thucydide, 1. 11, c
604 r.OI'VERNEMENT d'ai llf.M s
intcllortncllc cl tiioralo, et qiio le; souci (|ii<.li(li('n du salaire s'accoidaiL mal avec les devoirs d(; citoyen, la {iiY'occiijtalion des intérêts g-énéraux et l'exercice désintéressé des inaj^isl ratures. On peut adhérer à ce jugement, sans faire toil ù une classequeses services rendent digne de touslesrespecls. Depuis linlroduclioii du salaii'c, l'Assemblée souveraine, était régulièrement livrée aux artisans qui peuplaient la ville et le Pirée; au contraire, les })ropriélaires fonciers, répandus dans la campagne et dans les dèmes, s'y rendaient rarement. Il ne faut donc pas s'étonner si les résolutions n'étaient pas toujours dictées par un patriotisme éclairé, et révélaient trop souvent rindill'érence pour le bien général et l'absence de vues politiques. Il suffit de suivre la carrière politique de Démosthène pour juger de quelle manière l'Assemblée souveraine usait de son aulorité. Le plus souvent il parlait à des sourds, ou, si on lui faisait la grûcc de l'écouter, on rendait ses conseils inutiles par des demi-mesures. Ce fut seulement quand le péril devint trop redoutable et trop présent pour ne pas frapper tous les esprits, que Démosthène put arracher au peuple une déterujmatiou vigoureuse, et l'amener à défendre dans une lutte décisive son honneur et sa liberté.
§ 13. — Gouvernement (TAthi'ues jusqii à la conquête romaine.
La lutte à laquelle les Athéniens se laissèrent entraîner par les excitations de Démosthène n'eut pas une issue heureuse; mais elle épargna du moins à la nation qui avait été la première en gloire et en puissance, la honte de subir sans résistance le joug- du vainqueur. Le grand orateur fut en droit de dire que, eussent-ils même pu prévoir le dénouement de la guerre, les Athéniens n'auraient pas dû encore balancer à suivre ses conseils, car ils avaient fait ce qui convenait à des hommes libres ; le reste était entre les mains de la fortune \ Grâce à la