IX
LA GIÎÈCE HOMÉRIQUE 6o
le chant et le maniement de la lyre comme des exercices étrangers aux héros grecs ; peut-être même reproduit-il des fragments de poèmes plus anciens. Il n'est pas rare, dans l'ancienne épopée g^ermanique, de voir des guerriers aussi célèbres par leurs chants que par leurs exploits; les choses ne se passent pas tout à fait de même chez Homère. A part l'exemple d'Achille, Paris seul est signalé comme habile à jouer de la cithare. Cet art, aussi bien que le chant, est laissé à des artistes honorés, il est vrai, mais qui ne sont pas rangés dans la classe des nobles, aux aèdes. Nous trouvons des aèdes installés à la cour des princes, dans Schéria et dans Ithaque, où ils sont de tous les feslins. On mandait aussi des chanteurs étrangers, de même qu'on faisait venir du dehors des constructeurs, des devins et des médecins '. Ils erraient de contrée en contrée, comme le Thrace Thamyrisqui, en revenant de chezEurytos, roi d'Œchalie, à travers le pays de Pylos, fut arrêté à Dorion, et privé de la vue par les Muses, pour s'être vanté de remporter sur elles le prix du chant'. Le talent des aèdes leur concilie partout le respect et les égards. L'art de chanter est considéré comme un don des Muses; c'est à elles aussi que leurs favoris doivent la coiuiaissance des choses qu'ils revêtent des orncmenls de la poésie''. Un aède se vante expressément d'avoir tout appris à lui seul, et de ne rien devoir qu'à Tinspiralion de la divinité. De cette prétention, il faut bien conclure qu'il y avait généralement des maîtres et des élèves, ce qui parait d'ailleurs une chose assez simple*. C'est donc en vain que, nudgré l'absence de témoignages formels^ on se refuserait à reconnaître l'existence d'écoles destinées à formel' dos chanteurs. Le chanteur s'accoiTq)agne avec la ^ipy-r;;, grande cithare que l'on porte sur l'épaule^ attachée avec une courroie; il s'en sert d'abord pour préluder, puis y revient d(> temps à autre, touchant les cordes aux passages les plus expressifs, pour accentuer les paroles ou remjilir les intervalh's'. Le réci-