‹ Antiquités grecques (volume 2)Chapitre 56 sur 494 · I, 66; Yoy. aussi sur ce passage le Sclioliasle · texte numérisé non relu

I, 66; Yoy. aussi sur ce passage le Sclioliasle

LA GRÈCE HOMÉRIOUE 71

cour; il n'est pas probable qu'il servît à d'autres dieux*. — Avant de consommer le sacrifice, on invite l'assistance au recueillement (eùç-^i^-a). Les sacrificateurs lavent leurs mains avec l'eau d'un vase rempli à cet effet, et jettent des grains d'orge broyés et grillés sur l'autel et sur la tête de l'animal (cjAc'/j-ra'.)". Cela fait, on coupe à la même place quelques poils, et on les partage entre les assistants, qui probablement les jettent dans le feu. L'accomplissement de ces préliminaires était désigné par le mot à-ap/EjOa'.^; puis venait la prière aux dieux en l'honneur de qui avait lieu le sacrifice, après quoi on procédait à l'immolation de la victime.

S'il s'agit d'un bœuf, on tranche à coups de hache les muscles du cou; lorsqu'il est tombé, on le relève et on lui coupe les cuisses. Pour un porc ou quelque autre animal de petite taille, on l'abat avec une massue; parfois aussi on l'égorgé sans l'étourdir. Pour immoler l'animal, on ramène la tête en haut. Le sang est recueilli dans un vase, et on en arrose l'autel ; c'est seulement dans les sacrifices offerts aux divinités souterraines, que la tête est tenue baissée, et que l'on fait couler le sang dans une fosse tenant lieu d'autel*. La bête dépouillée, on enlève les cuisses, qui sont recouvertes d'une double couche de graisse. Sur cette graisse on pose des parties des entrailles et des autres membres; c'est la part du dieu, elle est brûlée sur l'autel. D'autres morceaux des intestins sont rôtis à la broche et goûtés par les officiants qui ont préalablement fait une libation. Le reste de l'animal est découpé et sert au festin. C'est seulement par exceplion que les chairs Jic sont ni brûlées ni consommées, comme par exemple lorsqu'il s'agit de consacrer un traité, ou de prendre les dieux à témoin d'un serment. Il paraît que, dans ce cas, la victime était enterrée, lorsque le sacrifice se faisait dans le pays des

i. //., II, 305; XI, 77/1 et. 807. Od., xxii, 33i.

2. II,., IX, 171. — Les objections soulev(''os par Svenisjoe (De rrrbov. o"j),a! cl oOXoyijTai Siynifie., Riga, 183i-), ont romlii douteuse l'interpivlatiou (le Bultmann (Lc.i-iliKjiis, I, p. 191), sans toutefois la rél'uter lormellenient. Voy. aussi .hihrhiirhfnrPfiiloL, suppl. iv. p. 439.

3.]/., XIX, 25/1; Od., ni,'4'iei; xiv, /|22. Voy. aussi Heyne.A.l //., m, 273.

>i. //., I, 459; l)d., m, 1 'i9 ; mx.'i25; x, 517. Voy. aussiNilzseli, .1?;///^tA-. zur Od., 3<- pari. p. 101.

72 I \ '.in'i i: iinMiiiui.iir.

sticrilif;ilciii>, mi 'y-lrc ;i l.i mer, sils rlaiciil élian^or.s '. n(»mi'r(! iir [tarir pa^ flliolocauslcs, dans Icsquols l'animal ainail rlr Itrùlù (;n (.'nli(;r, sans (|Mr Ion n''serv.-\l rion pour les assislanls. Les sacrilicos on un i^iand iinml)ro de viditncs élaicnl immoléos s'ajipclaicnl lircalombcs; en (Irpil di' lélvmologio, Ci' n(tin s"a|i|ilii|naiL f'^alcniriil à d'aiitros aniiiian.v (ino des IxiMits. cl il |)nii\ail \' en avoir i)<'aii(oii|) nK)iiis de cent ■-.

Il i\ \ a pas Irarc, dans lloniiîrc, dr saniliccs sans fliiisidii de sang, tels que des olliandes do gâteaux et de fruits. Il ne faut pas ronclure do ce silence que la coutume s'en soit introduite postérieurement à l'âge homérique. Les anciens étaient ]diilôl disposés à croire que Ton avait commencé parla, el (pn' les sacrifices sanglants no s'élalilirent que plus tard : c'est, là toutefois une opinion discutable, non une tradition liislori([ue. Il est souvent question de matières odorantes (OJea) que l'on brûlait, pour en faire monter la fumée jusqu'aux dieux'. On ne sait au juste si ces parfums étaient robjet principal de la cérémonie ou s'ils étaient seulement un accessoire, fort utile dans les sacrifices d'animaux. L'épithète de parfumé (fjjojsr,;, d'sqv.q), souvent appliquée aux temples et aux autels, témoigne des usages multiples auxquels ils servaient.

Une autre espèce d'offrandes était les ex-voto dressés ou suspendus dans les sanctuaires {y.-fXK[j.x-x) ; quelques-uns aussi servaient à parer les statues des dieux. Parmi les ex-voto, on peut citer le T.i-7:Ksq que la prêtresse Théano reçoit des mains des femmes troyennes, et qu'elle étend sur les genoux d'Athèna. Egistho, sans compter de nombreux sacrifices, offre aux dieux, qui lui ont permis de séduire Clytemnestre, de riches tissus et des vases d'or''. Les armes enlevées à l'ennemi sont souvent déposées dans les temples. A la même classe d'offrandes appartient la chevelure des enfants, que les parents, si les dieux prêtent vie à leur progéniture, s'engagent à cou-

i. Il ,1, '102; voy. aussi le Scholiaste (ni, 310). 2. //., I, :!|6; VI, 115; xxiii, 146 et 864 ; Od„ i, 25. :-!. II., VI, 270; IX, 495; Od., xv, 261. 4. //., VI. 288; Oïl.. iji, 274.

LA r,RE(.E HOMERinilE i /,

per et ù consacrer ; cet hommage s'adressait surtout aux divinités fluviales de la contrée'.

Que souvent l'on invoquât les dieux sans offrandes et sans sacrifices, cela vaut à peine d'être dit. Toutefois on ne trouve pas chez Homère de simples actions de grâces; les prières n'y ont pour but que de conjurer une calamité ou d'obtenir l'accomplissement d'un souhait. Souvent ces prières s'échappaient spontanément et sans préparation, et n'étaient pas pour cela considérées connue moins efficaces. Lorsque Hécube invite Hector à boire du vin pour réparer ses forces, après en avoir fait libation à Zeus et aux autres immortels, il répond, il est vrai, qu'un homme souillé de sang- et de poussière ne saurait implorer Zeus'-; mais il est question, dans ce passage, de prières unies à des libations, non d'une invocation soudainement inspirée par la nécessité présente. On ne peut prononcer une prière solennelle et préméditée, avant de s'être lavé au moins les mains, sans prendre le temps de se recueillir et sans accomplir des libations^.

Les prières, les vœux et les sacrifices reposent sur la conviction que rien do bon ne saurait arriver à l'homme qu'avec l'aide des dieux, et que de leur colère vient tout le mal. La même croyance produit chez l'homme le désir de connaître leurs volontés, soit pour pressentir le sort qui l'attend, soit, lorsqu'il est frappé, pour chercher les causes de leur ressentiment et les moyens de s'y soustraire. De ce désir naît à son tour la confiance que les dieux ne dédaignent pas de révéler à l'homme par des signes visibles ou do quelque autre manière le secret qu'il lui importo de savoir. Celui qui a l'inlolligence de ces signes ou qui obtient des dieux dos révélations directes porte le nom de [iTK'.q, dont la signification, d'abord plus étroite, s'est généralisée avec le temps. MâvT-.ç, en effet, ne désignait d'abord que le prophète inspiré et ravi on extase, qui laisse échaj)pcr ce que la divinité lui suggère. Dans les poèmes homériques, cette extase (i/.;(v{a) ne se manifeste guère,

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