X, 490 el suiv. ; xi. 23, 147, 154 el
2. Les passages de VIliade qui parlent des peines réservées aux parjures (m, 278; xix, 260) ne permettent pas d'admettre chez les ombres une absence complète de conscience.
LA GKECE HOMI^HinUli t i
libations et des sacrifices. Il est permis d'en conclure que le poète a transporté dans l'âge héroïque des pratiques inconnues encore à cette époque. De semblables anachronismes se retrouvent d'ailleurs en plusieurs parties du poème ; malheureusement il est impossible de distinguer quels sont, dans le tableau que nous avons esquissé jusqu'ici, les traits que le poète ou les poètes ont empruntés à des temps antérieurs, et ceux qu'ils ont reproduits d'après la société oîi ils vivaient. Les mêmes réserves s'appliquent à la suite de ce chapitre sur la Grèce homérique, en particulier pour ce qui concerne les conditions matérielles de la vie, et rentre dans le domaine des questions économiques.
Le pays appartenant à chaque Etat s'appelle orj\j.o;. Le même mot désigne aussi les. habitants, mais cette acception, quoique la plus habituelle, n'est certainement pas le sens originaire'. Chaque dèmc comprend une ou plusieurs villes, et comme l'épopée aime les descriptions complètes, les deux mots sont souvent réunis {of,[j.i:, 't tSk:; -i). La ville est le centre politique de la communauté, soit que cette communauté ait une existence distincte et indépendante, ou qu'elle doive être considérée comme faisant partie d'une plus vaste circonscription. C'est là qu'habitent les rois et les nobles qui participent au gouvernement de l'État. A la ville est opposée la campagne {xypi:) c'est-à-dire le pays plat, entrecoupé çà et là de métairies et de hameaux-. 11 n'est pas douteux que beaucoup de villes fussent fortifiées et entourées de murs solides; le fait est attesté parles épithètes tj-tiytoq ou zf.y.iz- 77a, et par des débris de constructions conservés jusqu'à nos jours. Faut-il en conclure que toutes les vilks fussent dans ce cas? Cela est fort douteux. D'anciens écrivains disent au contraire que les villes de la Grèce primitive étaient la plupart ouvertes ^. Le nom (|ui servjiil projjrcmciit à dislinguer une ville forliliée est i'j-y ; lorsque les deux expressions se trouvent réunies, r.i'/j.; désigne la campagne atte-
1. C'est ccrtaiiiriiienl ù lort qu'on a voulu lii'er ôr,[Ao; dr r^aiiâw; 00 mol vii'iiilrîiil [)lulùt dt! ofixo), do uumuc ipii' l'un a derivi'- [hkjus de ixoiijn. •2. (hL, I, 185; .\vu, 182; x.\iv, :!0S. o. llô),!vffiv àTEf/i(jToi; xa'i xaxà xi/uxa; oîxo'Jiiévxt; ( 1 liucydidc, 1,5).
7H i.A (jn'.ci: ikmii'iih.ii i:
iKinl ;i 1.1 \illi; (JU rnisuiiiljlc des liahikiiils; -mz-j fsl la silli; «!lle-iiu"'mc '.
L<! g^ciin; ilf vi<; des populations ol Imirs travaux ordiiiain-s sr rallaclinil plus en général aux iiui'urs rurales (ju"à (M'IIus de la villi'. L(! noble ne dédai^^nc; pas l\'mri<'ultMi'e et rélcvaf^^e des besllanx ; l()rs(|iril a!)andonrit! Idraxai! niaiiiiel ;is(îSf^ens, Il s'en rései've la direction. Nous avons vu déjà un roi surveillant ses moissonneurs dans son domaine, et des fils de roi {gardant des troupeaux. Parmi les richesses des grands, figurent beaucoup d'objets précieux, enfermés dans des mag^asins ou des trésors-; en général pourtant la fortune se mesure à l'étendue des terres et à rimportauce du bétail. Kumée, voulant donner une idée des biens d'Ulysse, ne mentionne que les troupeaux qui paissent dans llliafjue et sur le continent voisin. Ue môme, pour faire ressortir l'opulence de Tydée, on dit qu'il possède de vastes champs, beaucoup de verg-ers et de troupeaux^. Les présents offerts par les gendres aux beauxpères consistent surtout en bœufs; c'estce qu'indique du moins l'épithète d'àXossioî'.at qui trouvent des bœufs, appliquée aux jeunes filles recherchées en mariage. Le prix des objets est aussi évalué en bœufs : Euryclée qui éleva Ulysse avait été payée vingt bœufs; une autre esclave, habile cependant dans les travaux des femmes, n'en avait cou té que quatre. Un grand trépied est estimé douze de ces animaux; les armes ornées d'or du prince lycien Glaucos sont évaluées au prix de cent bœufs; celles qu'il reçoit en échange de Diomède n'en valent que neuf\
On possédait des troupeaux de chevaux : trois mille juments paissaient dans les pâturages d'Erichthonios, qui régnait sur la Dardanie avant la guerre de Troie et même avant la fondation de cette ville. Suivant la nature du sol, on élevait aussi des brebis, des chèvres et des porcs. Télémaque refuse les chevaux que lui oll're Ménélas, parce qu'Ithaque n'est pas
1. Od., VI, 177; XVI, 69; xvii, 144. Sur ce passage Euslathe dit : oî Ttx/.x'.oî