Hérodote, I
2. Le nom d'Achéens signifie, d'après une conjecture assez vraisemblable nobles, excellents. Voy. 0. MuUer, die Dorier, t. Il, p. 528, et Prolegom. zur MuthoL, p. 291; Poil, Indogenn. Sprachstudien, dans rEncyclopédie d'Ersch et Gruber, p. 65, et Gladstone, Studies un Homer, 1858, t.'l.
acquis la supériorité sur leurs rivaux, ce nom ait paru le plus propre à désigner un ensemble de nations auquel manquait encore une appellation commune. C'est ainsi que le nom d'Achéens se trouve généralisé dans les poésies d'Homère. Des populations qui en réalité n'avaient rien d'hellénique, telles que les Arcadiens, les Epéens, les Ioniens et une foule d'autres, réunissons la dénomination vague d'Éoliens, se sont volontiers laissé prendre pour des Hellènes; mais à la différence du nom des Achéens qui, après avoir perdu son sens générique, demeuraencore le nom particulier de deux peuplades établies au nord du Péloponèse et au sud de la ïhessalie, celui des Hellènes disparaît tout à fait comme désignation spéciale. Les Hellènes proprement dits prirent partout les noms des pays où ils étaient devenus les maîtres, et s'étaient fondus avec la population primitive, de sorte que ce qui était autrefois un signe distinct ne servit plus qu'à désigner collectivement toutes les tribus de la Grèce, confondues avec eux dans une grande association nationale.
De l'époque antérieure aux Hellènes datent quelques monuments répandus sur divers points de la Grèce, qui témoignent d'un assez haut degré de civilisation, et dont une partie étonnent par leur caractère imposant. Tels sont : les ouvrages attribués par la tradition aux héros des temps primitifs, en particulier à Héraclès, grâce auxquels furent assainis et défrichés des pays qui n'auraient eu sans cela ni laboureurs, ni habitants '; des routes faisant communiquer des contrées séparées par des montagnes inaccessibles, routes que les héros achéens d'Homère suivaient sans encombre en chariols, et dont les parties détruites sont remplacées aujourd'hui par des sentiers à peu près impraticables - ; enhn des portes, des tombeaux et des lieux de dépôts pour h-s I résors des rois, constructions grandioses et quelquefois colossales, bâties en pierres polyédriques par les Cyclopes, pour complaire à quelque souverain des temps qui ont précédé l'histoire. Pausanias