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IL, IX

LA GRÈCE HOMÉRIOT'E 91

se procurent à main armée, les Grecs sont ravitaillés par les insulaires qui ont embrassé leur cause, en particulier par les Lemniens*. La cavalerie prend part aux combats, concurremment avec l'infanterie; mais par cavalerie il faut entendre des hommes montés, non sur des chevaux, mais sur des chars. La Grèce historique ne connaît déjà plus cette manière de combattre ; on ne voit même pas bien de quoi s'autorise l'épopée pour l'attribuer à ses héros. Toujours est-il que les princes et les nobles ne combattent à pied que par exception. Sans décrire minutieusement les chars de combat, rappelons qu'ils portent sur deux roues et sont traînés par deux chevaux, auxquels on en adjoint souvent un troisième, comme cheval de volée, pour servir de réserve'. Les chars sont montés par deux hommes, le combattant et le cocher, qui est toujours lui-même choisi dans la classe des nobles, parmi les amis et les compagnons d'armes de celui qu'il conduit. Quelquefois même ils changent de rôle, le combattant prend les rênes, et le cocher prend les armes. Souvent aussi le guerrier descend de son char et combat à pied, auquel cas le conducteur se tient le plus près possible, pour pouvoir le recueillir au besoin.

Le onzième livre de Y Iliade est la meilleure source d'informations, en ce qui touche l'armement des héros, au moins pour les pièces principales. Agamemnon attache d'abord ses jambières (y.vrdxToEç), lames de métal doublées de cuir ou de quelque étoffe solide, et fixées par des boucles ou des agrafes sur les jambes, qu'elles recouvrent depuis la cheville jusqu'aux genoux^; puis il revêt sa cuirasse (OwpY)^,) formée de deux pièces d'airain, qui protègent la poitrine et le dos; la cuirasse est ornée de bandes de différents métaux et de ligures. Agamemnon jette ensuite par-dessus ses épaules son glaive (ç(<poç), à la poignée ornée d'or en relief, c'est-à-dire qu'il

d. f/., VII, /i67.

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