‹ Antiquités grecques (volume 2)Chapitre 83 sur 494 · Aristote, Polit., VII, .\i · texte numérisé non relu

Aristote, Polit., VII, .\i

5. Pausanias, X, xxv, !^ I. Voy. aussi Périzonius, dans ses notes sur Élien. (Var. histor., XI, 24.)

6. Démoslhène, Olynth., III, p. 35; Dicéarque, Yita Gnvcix, iiiit.

IDÉE GÉNÉRALK DE LETAT 1 lo

sorienter Tennemi et de faciliter la défense. Les dispositions symétriques que recommandait le philosophe-architecte Hippodamus de Milet, et qu'il suivit lui-même dans les travaux exécutés sous sa direction à Rhodes et au Pirée, ne remontent pas au delà de la seconde moitié du v* siècle avant J.-C '.

La campagne où l'on rencontrait un grand nomhre de locacalités plus ou moins étendues, dont quelques-unes fortifiées, fournissait aux premiers besoins de la vie par l'agriculture et l'élevage des bestiaux. Dans plusieurs contrées^ le cultivateur avait dû conquérir les terrains de labour, à l'aide d'un travail opiniâtre. En Arcadie et en Béotie, notamment, des dispositions avaient été prises dès les temps antéhistoriques pour mettre le sol à l'abri des inondations; il n'y avait plus qu'à entretenir les canaux. Dans l'Argolide, au contraire, la terre trop aride réclamait des irrigations. D'ailleurs, à la condition de soins assidus, et bien que tous les pays fussent loin d'avoir le même degré de fertilité, aucun ne se refusait à récompenser par la variété de ses produits les efforts du laboureur. Tous les fonds ruraux, comme en général la propriété immobilière, étaient aux mains des citoyens ; c'était seulement par une faveur exceptionnelle que des hommes pris en dehors de cette classe pouvaient y prétendre. Les anciens économistes considéraient la partie de la population qui possédait et cultivait la terre, comme la plus utile, et l'agriculture comme le plus solide fondement de la prospérité publique, non pas seulement parce qu'elle fournit aux besoins indispensables de l'existence, mais en raison de l'inlluence qu'elle exerce sur le caractère et les mu'urs ". Aussi la législation se préoccujiat-elle de conserver et de nuilliplier la classe des laboureurs. Même dans les pays adonnés surtout à la navigation et au commerce, le nombre des propriétaires dépasse ce ([uOn pourrait imaginer. Il est vrai que la plupart des projjriélés étaient peu étendues. On ne rencontre pas en (îrèce ces A///fundia qui, dans les derniers temps de la république romaine,

1. C. Fr. tiormami, i\c //////mi'/o/z/u Milmiu, IMarliurg, 18ii,

2. Aristolc, VuUL, \'I, n, s; 1 ; Xoiioplioii, Émnoin., c. vi, ;:> ',); Caloii, de Re rustica, ci.

1 h; la t.ni'; <iiti:r.orK

(IcvortTonl l.'i jMîlilf.' j)ro[»ri(''h'; cl. ix-ivlircnl l'ilalic. L'cleva^'o (l(;s bosliaux ùlail esliiiié presquo à Té^al de raj^riculliirc Kii plusieurs contrées, notainmeul dans une grande partie ilc l'Arcadie, la nature du terroir ne laissait pas le choix au propriétaire. Alors comme aujourd'hui, rinduslrie, sous ses forni<!S variées, devait nécessairement lenir une place iniporlaiile en Grèce, et occuper une partie <le la pnpul.ilioii ; mais, (oui en la jugeant indispensahle, heaucoup la croyaient jjeu compatihle avec les qualités que l'Etat exige de ses memhres, et pensaient qu'elle devait être la ressource des hommes dépourvus du droit de cité. Dans la réalité, ce système exclusif n'était pas toujours applicable; il paraît toutefois hors do doute (jue- les artisans appartenaient plutôt à la classe subordonnée qu'à la classe dirigeante, et n'étaient pas citoyens, dans toute l'acception du mot'. On ne pouvait pas plus se passer do commerce que d'industrie, il fallait bien faire des échanges à l'intérieur du pays ou tirer de l'étranger ce que le sol se refusait à produire. Le négoce intérieur était d'une faible importance, et ne dépassait pas les proportions du commerce de détail (•/.a::y;A£(a) . Pour le grand trafic, en raison de la nature du pays, il prenait nécessairement la voie de mer. Il était très actif en certaines conirées et alimentait une partie notable de la population, laquelle était considérée aussi comme peu apte à la vie publique dans une Cité bien ordonnée. — Enfin, chaque Etat était tenu d'avoir une force militaire, capable de le défendre ou de protéger ses intérêts; mais le droit ou le devoir de porter les armes ne peut incomber sans distinction à tous les habitants que dans les pays où tous sont supposés également dévoués à la conservation de l'État, et il n'en était pas ainsi en Grèce. Il eût paru dangereux de donner des armes h ceux qui pouvaient les tourner contre la chose publique ; aussi tout ce qui n'était pas citoyen n'était admis au service militaire que dans des circonstances exceptionnelles ou dans les pays où existaient entre les diverses classes d'habitants des relations particulières, sur lesquelles nous reviendrons plus loin. Était réputé aussi peu propre au service tout homme qui,

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