DES FORMES DE GOUVERNEMENT
toycns par son habileté ou son mérite. De ces dérogations à la rigueur des principes sont sorties plusieurs dénominations qui gardent toujours quelque chose de flottant et d'indéterminé. Ainsi, le terme d'Aristocratie, qui signifie, comme on sait, le gouvernement des meilleurs, s'applique souvent à la dernière des formes démocratiques citées plus haut, mais plus souvent encore à l'Oligarchie, pour cette raison que les riches et les nobles ont par surcroît la prétention d'être les plus dignes et les meilleurs. Aristote lui-même concède à l'Oligarchie le nom d'Aristocratie, sous la condition, d'ailleurs assez difficile à remplir, que les privilégiés useront de leurs droits dans l'intérêt général, et non pour leur satisfaction propre'. Lorsque l'aptitude des citoyens est calculée d'après les fortunes, le gouvernement est une Timocratie; on l'appelle même Ploutocratie, quand un cens élevé est la condition des premières magistratures*. Dans le cas oii toute gradation est supprimée, sans qu'aucune mesure soit prise pour que les plus dignes aient chance d'être les maîtres, où la voie est aplanie à tout le monde, la Démocratie prend le nom d'Ochlocratie, parce qu'elle livre à la foule (oy>wç] la direction des alfaires"'. Au contraire, la Démocratie tempérée, celle qui admet des catégories censitaires et prend d'utiles précautions contre les entraînements de la multitude, est désignée par préférence sous le nom de TCoXiTsi'a, c'est-à-dire gouvernement
1. Polit., III, V, § 2; IV, V, § 2; IV, v, § 10; Morale à Nicomaquc, VIII, 12. Voy. Luzac, de Socrate Cive, p. 66-74. Aujourd'hui, on a tellemenl abusé du mot arislocrulie que l'on en a oublié le vrai sens.
2. Xénophon, Memurab., IV, vi, § 12. On comprend que, dans des i^ouvernemenls de ce genre, il étui' nécessaire d'évaluer périodiquement les fortunes et de modilier les taxes censitaires; sans ces précautions, le protrrès ou la diiniiiutioM du bien-être public aurait pu avoir pour résultat d'altérer, conti'airemeiit au principe de la constitution, la répartition des droits attribués à la qualité de citoyen. Les témoignages précis l'ont ilei'aut en ce qui concerne les gouvernements particuliers, mais la nécessité de ces mesures est reconnue d'une manière générale par Aristote {Polil., V, v, Jî II, et vu, § 6. Cf. Platon, /(;.s Lois, VI, p. 574 !<], et \I1, p. 955 E.
3. Ce nom se présente pour la première fois dans Folybe (VI, iv et vu); cependant on trouve déjà dans Tliucydide (VI, 89) le mot o-/Xo; o|tposé à
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de la honrg'ooisio'. MalhcnrciisoniotU rinsiiffisanm des \('Tno\f^na^os (!t, les allrralioiis siicrcssives fjii'onf subies les divoi'sos roiisliluliuTis rendent Iri's difficile de faire rentrer cfiaeune d'elles dans la chisse à laqucdle elle i-essortit.
1. Aristote, Volil., IV, vit, !^ 1 ; Moi-nle a JSkom., VllI, 12, .l IX. 10.
\'nv. aussi Wfssfliiiij-, dans ses .\otos sur Diodoro, XVIII. 7i.
bourctEOts et artisans 123