DE L ÉDUCATION PUBLIQUE
mise sur eux, pour tout ce qu'elle réclamait, au nom do l'intérêt public.
Dans les Etats bien ordonnés, où prévalait le vrai principe aristocratique, la vie des particuliers, même étrang-ers à l'administration des affaires était placée sous la surveillance de magistrats spéciaux, et soumise à une discipline qui s'étendait fort au delà du temps consacré à l'éducation de la jeunesse. Los actions de nature à encourirranimadversion générale, les infractions aux lois qui, sans blesser aucun intérêt particulier, mettaient à découvert les mauvais instincts des coupables, étaient censurées et punies. Si cette justice disciplinaire était, comme toutes les mesures do police, impuissante àfaire naître le sens moral là où il n'existait pas, du moins, exercée avec énergie et prudence, elle avait pour effet d'assurer la décence, extérieure. Les anciens allaient plus loin; ils exprimaient souvent la conviction que la vie publique rend la conscience plus sévère. L'Etat, dit Platon, élève bien les bommes s'il est bon; il les élève mal s'il est mauvais ; et le Pythag'oricien Xénopliile, à qui un père demandait le moven do tirer le meilleur parti de son fils, lui conseillait de le conduire dans un pays bien gouverné'. De là il semble résulter que les anciens attribuaient à l'Etat la mission qui, cbez un grand nombre de nations modernes, est le privilège de l'Église, considérée comme l'antagoniste de l'Etat, et comme un antagoniste supérieur, en raison dos intérêts (ju'elle représente. Une telle rivalité n(^ pouvait venir à l'idée des anciens. Alors niênie(|u'ils auraient connu quoique chose d'analogue à ce que nous appelons l'Eg-lise, ils n'y auraient vu qu'une atteinte à la dignité de l'Etat. Le culte et toutes les institutions qui pouvaient avoir un caractère ecclésiastique, faisaient corps avec la Cité, et ne formaient qu'une partie de l'assemblage, un membre de l'organisme. Au contraire, ce que le sens religieux dos aucions considérait conuno do fondation divine, connue la seule puissance capable de former riioniiuo à l'iiuinanilé, r'otail l'oiisemble de cet organismi^, non lollo ou lollo parlio dr pivférence à une aulro. Nous rcvioiidious plus lard sur la ([uostion