‹ Antiquités grecquesChapitre 11 sur 567 · Hérodote, 1. VII, c. 133 et suiv · texte numérisé non relu

Hérodote, 1. VII, c. 133 et suiv

de ne plus leur envoyer de hérauts ni d'en recevoir de leur part : tout Mégarien rencontré dans l'Attique était d'avance condamné à mort; les généraux devaient s'engager par serment à envahir et à ravager deux fois l'an le territoire de Mégare1. — Une guerre dans laquelle les ennemis n'envoient ni ne reçoivent de hérauts, où aucune part n'est faite aux négociations , s'appelle tcôXêjxoç yy.r^s/r.z- y,cà y.ir.z'izzz. Quelque acharnement que les Grecs aient déployé dans la guerre, ce cas se présenta rarement ; souvent au contraire il y a trace d'efforts tentés pour atténuer les effets d'une lutte devenue inévitable. Au lieu de terminer tel démêlé par un engagement général, on convenait, dans les temps reculés, d'en remettre l'issue aux chances d'un combat singulier entre les chefs ou entre deux guerriers choisis dans les rangs ennemis. La tradition arcadienne de Tégée et de Phénée mentionne même un combat de trois contre trois, semblable de tout point à celui des Horaces et des Curiaces2. Ce n'est là qu'une légende, mais un caractère historique s'attache au duel par lequel Pittacos de Mytilène et le chef athénien Phrynon tentèrent de mettre fin à la contestation soulevée au sujet de Sigéion, contestation qui d'ailleurs se renouvela et ne fut décidément résolue que par l'arbitrage de Périandre3. On connaît aussi, par le récit d'Hérodote, le combat de trois cents Spartiates contre un même nombre d'Argiens , pour décider à qui resterait Cynosoura4. Les détails merveilleux dont cette relation est ornée n'autorisent pas à mettre en doute la réalité des faits. Plus tard, les Argïens, inconsolables d'avoir perdu ce port, tirent aux Spartiates une proposition singulière, à laquelle d'ailleurs les Spartiates refusèrent d'adhérer. Chacun des deux Etats eût été libre en tout temps d'adresser à l'autre un défi, pourvu que la nation provoquée ne fût point occupée ailleurs, ni en proie à une épidémie; les deux armées se seraient rencontrées sur le territoire en litige, et défense était faite au vainqueur de poursuivre le vaincu au delà des fron-

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