Voy. A. Schœfer, ibid., t. I, p
5. Voy. A. Platen, de Auctore libri de republ. Âthen., Vratisl-., 1843, p. 22, et Bœckh, Staatshaush., t. I, p. 552.
SYMMACHTE ATHÉNIENNE 119
de Louteela n'empêcha pas que l'indépendance se changeât vite en subordination. Faut-i] en accuser uniquement l'esprit de domination des Athéniens, ou la cause n'en est-elle pas au moins pour moitié dans l'impossibilité d'établir un lien solide entre les parties contractantes autrement que par la contrainte? Quoi qu'il en soit, les mécontentements furent aigris encore par les violences et les exactions que commirent envers les confédérés les chefs qui commandaient alors l'armée athénienne. L'armée eneffetétait surtout composée de mercenaire. et les généraux empêchés par le mauvais état des finances de nourrir et de solder leurs soldats, étaient souvent réduits à pressurer les alliés. — Le pacte nouveau avait à peine vingt ans d'existence1, lorsque, en 358, les îles de Chios, de Cos et de Rhodes s'en détachèrent ainsi que la ville de Bysance, et après trois années d'une guerre entretenue par les secours des Perses, Athènes fut forcée de conclure la paix et de reconnaître l'indépendance des belligérants, auxquels s'étaient joints plusieurs autres populations. Le nombre des confédérés se trouva par là considérablement réduit. 11 est diflicile de désigner d'une manière précise ceux qui demeurèrent fidèles, d'autant plus que les circonstances amenèrent dans les relations de nombreuses vicissitudes. Peu de tennis d'ailleurs après la guerre sociale, les Athéniens se trouvèrenl en l'ace d'un adversaire autremenl dangereux que ne l'avaient été les Perses, de Philippe, qui mettant à profit avec autant d'énergie «pie d'habileté les faveurs de la fortune, les sentiments particularistes des petits états "' et les fautes de ses ennemis, leur infligea à Chéronée (338) une défaite qui anéanti! décidémenl leur domination sur mer.
Sparte, après qu'elle avait été dépossédée de son hégémonie sur les cités maritimes, était restée néanmoins a la tète de la symmachie pélopônnésienne, et s'était efforcée d'étendre s;i puissance sur le continent, tentative à laquelle
LA partir de l'archontal de Nausinikos, en 378 (Olymp. G, 3). Voy. aussi Diodore, I. XV, c. !8.
2. Le jugement qu'un écrivain aussi judicieux que Pôlybe a porté sur Démosthène u\ XVII, c. I 1) prouve à quel point ce sentiment était enraciné chez les < rn
se rattache L'occupation par surprise de la citadelle tkébaine, la Cadmée1. Les luttes dont cet acte fut le point de dépari et la défaite que les Spartiates subirenl à Leuctres porta à
leur puissance une atteinte qui dut arrêter en eux huile pensée ambitieuse. Les efforts des Thébains pour remplir la place laissée vacante par Athènes, n'eurent pas de résultats qui méritent d'être mentionnés ici. Après la bataille de Chéronée, Philippe, au moment dépasser en Perse, convoqua à Corinthe les représentants de tous les états grecs, régularisa leur situation respective et se fit nommer chef de l'armée à laquelle chacun d'eux devait fournir son contingent2. Mais sa mort, qui suivit de près, neutralisa ces préparatifs. Son fils reprit l'expédition à son compte et se fit conférer le litre de généralissime, d'abord parles Amphictyons réunis aux Thermopyles, puis par une assemblée générale à Corinthe1. Dès lors la Grèce asservie resta soumise à l'influence macédonienne, qui se fit sentir plus ou moins, suivant les alternatives par lesquelles passa la fortune des successeurs d'Alexandre. Les anciennes cités qui s'étaient disputé l'empire de la Grèce, Athènes, Sparte, Thèbes, avaient disparu de la scène. Seuls les Étoliens et bientôt après les Achéens essayèrent encore de défendre ou de reconquérir leur liberté.
1. C'est à cette période que s'applique le jugement sévère porté par Herbst sur la politique de Sparte et sur la façon dont cette cité en usa vis-à-vis des villes confédérées; voy. Jahrb. fur Philol., i. LXXV1I, p. 704-725.
■2. Diodore, 1. XVI, c. 89.