‹ Antiquités grecquesChapitre 115 sur 567 · Ephore, cité par Strabon, 1. X, p · texte numérisé non relu

Ephore, cité par Strabon, 1. X, p

ii la liberté. Ces! lu Leur seul titre à notre sympathie. Nous sommes fort disposé à croire qu'ils déployèrent dans cette lutte des qualités plus élevées que ne les leur attribuent les récits malveillants de leurs adversaires, et surtout ceux de Polybe. fort suspect de partialité; mais ils gardent toujours des traces de la grossièreté et de la rapacité qui étaient le fond de leur caractère. La fédération qui, sous le nom de ligue étolienne. soutint quelque temps la lutte contre la Macédoine, ne comprenait pas seulement les populations voisines, les Locriens, les Phocidiens, les Acarnaniens, et un certain nombre des habitants de la Thessalie ; elle s'étendait aussi aux îles de la mer Ionienne et, dans le Péloponnèse, à la Messénie et à une partie del'Arcadie. L'île deCéos dans la mer Egée et plusieurs des villes qui bordaient les rivages de l' Asie-Mineure, telles que Chalcédoine et Kios, s'y rattachèrent même passagèrement, ainsi que Lysimachia, sur la côte de Thrace1. L'association s'élargit ou se resserra, suivant les succès ouïes revers dont nous n'avons pas à faire le récit. Nous ne sommes pas en mesure de dire si tous les confédérés pouvaient faire. valoir les mêmes droits, ou si quelques-uns d'entre eux n'étaient pas des subordonnés plutôt que des associés. Les Eluliens formaient sans aucun doute le noyau de la ligue ; c'étaient eux qui l'avaient organisée et qui la maintenaient. En qualité de peuple exclusivement militaire, ils composaient la majeure parlie de l'armée fédérale et de beaucoup la plus aguerrie. Bien que plusieurs étals aient été rattachés à la ligue étolienne par des moyens violents", les historiens la désignent toujours sous le nom de ijupvTuoXiTeia, qui suppose légalité des droits. De même, l'expression uimeXeiv elçto AîtwXixôv3 indique simplement que tous les peuples incorporés ont aliéné par là même une partie de leur indépendance, et ont cesse de former des étais isolés, ce que confirme le nom général d'Etoliens, appliqué indistinctement à tous les membres de la ligue : aussi avaient-ils abdiqué toute initiative en l'ail de politique

1. Voy. les pièces à l'appui, citées dans les And'/. Jur. publ. Gtsbc, p. 437.

2. Polybe, IV, c. 3, § 6, el 25, § 7; XVIII, 3, § 12, et V7, § 9. '3. Pausuuias, I. X, c. 21, § 1.

étrangère. Aucune cité ne pouvait séparément déclarer la guerre, faire la paix ou conclure des alliances1; pour les affaires intérieures, au contraire, l'indépendance était complète. Une commission de Nomographes fut instituée un jour pour réparer le désordre des finances qui menaçait de touteompro. mettre2, mais cette résolution prise en commun ne peut être considérée comme une atteinte portée à l'autonomie des villes. La ligue tenait régulièrement ses états chaque année, à l'équinoxe d'automne. Le lieu choisi était Thermon, où une fête fédérale et des jeux étaient célébrés à cette occasion en l'honneur d'Apollon '.L'assemblée générale était désignée sous le nom de xo Travai-ctoA-.sv4. Des convocations extraordinaires avaient lieu, toutes les fois qu'on en sentait le besoin. Dans ce cas, on se réunissait non pas seulement à Thermon, mais dans plusieurs autres localités, dont quelques-unes situées hors de l'Etolie, comme Naupacte, Lamia, Hypata et l'Ileraclée voisine des Thermopyles'. Tout citoyen d'une ville fédérée avait le droit d'assister aux séances et de prendre part aux délibérations6. Outre l'assemblée générale, il existait un conseil plus restreint, composé de députés que l'on désignait sous le nom de cx.-ivXr-.zi \ On trouve aussi des ffiîve&poi, qui peut-être formaient parmi les Apoklètes des commissions chargées d'élucider les questions spéciales 8. Le

Page 1