Leges, I . X, p
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lieu île distinguer, suivanl l'idée que chacun se faisait des dieux en eux-mêmes, des choses qu'il ;iv;iii à demander el de la manière don I il devail s') prendre pour les obtenir, idée qui
variai! naturellement avec le ilcun-' de culture intellectuelle et morale auquel il étail parvenu. Toutefois le polythéisme, c'est-à-dire l'apothéose de la Nature, ne permettait guère qu'un sentimenl religieux, digne de la divinité, établît son empire sur les âmes. Dans la multitude des dieux dont il peuple I" monde, il y en a nécessairement beaucoup <|ui ne répondent pas ;ï l'idée que l'on non (Irait s'en faire; ils n'en sont pas moins considérés comme des dieux, ayant la puissance de faire aux hommes du bien ou du mal. Le ternie générique 0eo» désigne simplement des êtres en dehors de l'humanité ', et n'est pas même refusé à ceux d'entre eux que l'on se représente comme se confondant avec la nature bestiale. Le monstre marin Scylla est appelé dans Homère une déesse; de même, la Chimère, Echidné, les Syrènes, sont d'essence divine2. D'autre pari, un poète, interpellant le dieu Pan, ne se fait pas scrupule de l'appeler O^o'. On comprend quel respect de pareils dieux devaient inspirer. La vraie religion ne peut séparer la divinité
1. Les coryphées de la philologie comparée ne se sont pas encore mis d'accord sur ï'élymologie et la signification originaire du mot 8001. La plupart le rapprochent, ainsi que le latin deus, dont la forme féminine dea n'est pas non plus étrangère à la langue grecque, des mots sanscrits diw et dewa (voy. les remarques de Schœmann sur le de Nat. Deorum, 1. II, c. 16). Il signifierait d'après cela les possesseurs et les habitants des hauteurs lumineuses du ciel, de même que l'on a rattaché dans la Kuhn's Zeitschrift, t. VII, 10, le mot allemand Gott au sanscrit jynt ou dynh, briller. D'autres, comme Buhler dans Y Orient und Occident de Benfey, t. I, p. 508, inclinent vers le sanscrit dhi, qui signifie penser, être sage, ou vers didhi, briller, rayonner. Pour d'autres encore, le mot 0;o: signifie les êtres vénérés auxquels s'adressent les prières, et vient d'une racine dont le sens est prier, honorer. Voy. Dœderlein, Glossar.) 1. III, p. 300, et G. Curlius, Griech. Etymol., t. I, p. 12 et t. II, p. 94. Quoiqu'il en soit de cette controverse, il est certain que le mot Oîot pris en général désignait uniquement chez les Grecs des êtres surhumains.
2. Homère, Odyssée, 1. XII, v. fi? et 118, 1. VI, v. 180; Hésiode, Théogonie, v. 296; Lycophron, v. 721. La peste est appelée aussi 6;o-, dans Sophocle (Œdipe-Roi, v. 28). Il en est de même pour la faim (Simonide d'Amorgos, VI, 102). Enfin tous les enfants de la Nuit ênumérés dans la Théogonie, v. 226 et suiv., prétendent à ce nom.