‹ Antiquités grecquesChapitre 140 sur 567 · Dans Athénée, 1. X, p. 455 A · texte numérisé non relu

Dans Athénée, 1. X, p. 455 A

de la sainteté. Les dieux capables de mal faire, dit Euripide, ne sont pas des dieux1. Mais le peuple ne raisonnait pas ainsi. Les meilleurs et les plus nobles de ses dieux n'étaient pas exempts de faiblesses morales et d'égarements ; le bien et le mal se mêlaient chez eux comme chez les hommes; ils pouvaient pratiquer l'injustice aussi bien que la justice2; ils n'étaient pas toujours dans des dispositions favorables, et avaient aussi leurs crises de malveillance et de jalousie. On ne peut nier en effet que les mots fréquemment répétés de opôovoç Oewv n'aient quelquefois le sens de jalousie, bien qu'ils doivent être pris aussi dans une acception plus honorable, et signifient le ressentiment que peuvent très légitimement inspirer aux dieux la présomption et l'arrogance humaines3. Si la religion populaire n'exigeait par des dieux la sainteté, c'està-dire la perfection absolue, elle n'en admettait pas non plus d'absolument mauvais. Les dieux n'ont pas en face d'eux des diables qui ne s'appliquent qu'à mal faire et à induire l'homme au péché, pour le précipiter dans l'abîme*. Les poètes parlent, il est vrai, d"'A-;ï;, comme d'une déesse malfaisante qui aveugle et égare le sens moral de l'homme, à cette seule fin que le châtiment suive la faute, mais "Atyj n'est qu'une figure poétique, qui ne peut être rangée parmi les divinités admises dans le panthéon populaire .Même chez les poètes, elle n'agil pas à sa guise et ne fait qu'obéir à l'impulsion d'une divinité supérieure, qui, elle-même, se borne à corrompre de plus en plus le jugement des hommes déjà voués au mal, pour être

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