Pausanias, I. VIII, c
3. Par ex. à Delphes (Hérodote, 1. VII, c. 178), et à Coronée (Pausanias, 1. IX, c. 24, § 2). Cf. Pausan., 1. VIII, c. 36, § 4 ; Hérod., 1. VII, c. 189; Xénophon, Anabasis, 1. IV, c. 5, § 3.
4. Théognis, v. 101 et suiv. ; cf. Phocylide, cité par Clément d'Alexandrie, Stromata, 1. V, p. 725, éd. Potter. Voy. d'autre part Platon, Phxdon, p. 107 D, avec les notes de Wyttenbach, et Lehrs, Populâre Auss. aus de m Allertk., p. 166. Cependant les expressions EÙSaiuwv, xaxoSat'puv ûuaSatjAwv semblent témoigner ù l'appui de ces croyances. On rencontre pour la première fois eùSat'piwv dans les Œuvres et Jours, v. 820. Homère ne connaît pointée mot, non plus que les deux autres, et ôXgio8ac|j.wv, au 1. III, v. 182, peut être rangé avec raison parmi les indices qui ne permettent guère de croire à l'authenticité de ce passage, Voy. Curlius, homer. Studien, dans le Philologus, t. III, p. 18.
même élargie plus tard, en ce sens que. d'après quelques témoignages, chaque homme n'a plus seulement affaire à un seul démon, mais à doux, un hou et un mauvais. Toutefois cette idée n'est jamais devenue générale : la plupart pensaient que le bien et le mal venaient d'un démon unique, que les uns avaient pour compagnon un démon puissant, les autres un démon faible et chélif. Tel do ces êtres intermédiaires était favorable et bienveillant ; tel autre malveillant et hostile. Mais au-dessus de tous, on admettait l'existence d'un démon universel et bon, que l'on invoquait sous le nom d"AyaO;$27.(.>v, et que plusieurs pensaient n'être autre que Zeus lui-même1.
La religion des Romains admettait des Génies chargés de protéger les peuples, les villes, les corporations, qui peuvent être considérés comme étant de même ordre que les Démons. Eu effet les Grecs ont coutume de traduire le mot genius par czvj.h)*). Cependant nous ne trouvons rien dans la mythologie primitive des Grecs qui ressemble à ces g-énies protecteurs des populations. Plus tard, durant les périodes hellénistique et romaine, la déesse invoquée sous le nom de Tr/v), comme gardienne des villes, prit la place du genius civitatis 8. Mais dès le premier siècle avant Jésus-Christ, on rencontre à Athènes un prêtre du démos3, dans lequel il faut évidemment reconnaître le représentant divin et l'appui tutélaire du peuple.
Les Héros formaient encore une classe d'êtres intermédiaires entre les dieux et les hommes. Cette croyance toutefois naquit postérieurement à Homère. Chez Homère le mot ïjpwç s'applique à tous les hommes distingués par quelque
1. Au moins Pausanias (t. VIII, c. 36, § 3) estime que le dieu bon, qui avait un temple en Arcadie. n'est autre que Zeus.
2. Voy. P relier, Griech MythoL, 1. I, p. 423. Dans la Théogonie, v. 360, T-j/r, est nommée parmi les Océanides ; voy. à ce sujet Schœmann, Opusc, t. II, p. 159. Pausanias (1. II, c. 7, § 5 ; 1. IV, c. 30, § 2, et 1. VI, c. 25, § 4) atteste l'antiquité du culte rendu à TÛ/y). Cf. Lobeck, Aglaophamus,
3. Voy. le Philistor, t. I, p. 47, et les inscriptions recueillies dans le théâtre d'Athènes, dont il a été question plus haut ; cf. Keil, dans le Philologus, t. XXIH, p. 235.
vertu éminente, sans acception de leur état social ', bien que le poète établisse une différence marquée entre la foule et les héros qui s'élèvent au-dessus d'elle. Les hommes du commun (S^jjlou avBpsç) sont d'origine obscure. C'est à eux surtout que l'on pense, lorsqu'on présente la race humaine comme née des arbres ou des pierres ; les nobles, au contraire, se vantent de remonter de près ou de loin aux dieux. Dans les Œuvres et Jours, Hésiode n'emploie le mot ^pcoç que pour les hommes de grande race qui, en raison de cette descendance, sont appelés r^jJJhoi, et dont plusieurs, échappant à laloi commune de la mort, sont transportés dans les îles des Bienheureux, où ils mènent une existence fortunée, sous la domination de Kronos 2. On ne trouve d'ailleurs dans Hésiode aucune trace de l'influence exercée par ces héros sur la vie des mortels, non plus que du culte qui en était la récompense ; mais plus tard cela devient un article de foi dans toute la Grèce. Si les héros meurent suivant la destinée commune, leurs âmes entrent en possession d'une vie plus heureuse et ont elles-mêmes le privilège de faire le bonheur ou le malheur des hommes. 11 est difiicile de fixer l'époque à laquelle se produisit cette doctrine; elle put être favorisée par l'opinion qui attribuait aux héros célèbres de l'antiquité une origine surhumaine, et les faisait naître de l'union des dieux avec des mortelles, origine qui assurait k leurs âmes d'autres destinées que celles des hommes ordinaires. L'anthropomorphisme payen rendait vraisemblables les rapprochements entre la race divine et la race humaine, et même, dans les siècles postérieurs, la foule ne les révoquait pas en doute. Une femme pouvait encore, au temps de Lysandre, se dire enceinte des œuvres d'Apollon •'. Alexandre espérait se faire passer pour le fils de Zcus, et le roi Séleucus était, aux yeux de beaucoup de gens, fils d'Apollon. L'histoire fournit beaucoup d'autres exemples de pareilles supercheries, admises par la crédulité. Mais sans être engendrés par des dieux, des hommes purent acquérir assez de
i. Voy. Schœraann, Antiquités grecques, L. I, p. 29.