Voy. plus haut, p
auteurs présumés des races nobles et sacerdotales : Hésychos pour les Hésychides, Eumolpos pour les Eumolpides, Krokon pour les Krokonides, Boutes pour les Boutades, ou Éien encore les Eponymes des dèmes et des tribus. De même, à Sparte, on honorait les patrons de divers métiers, tels que Kéraon et Matton l. En revanche quelques personnages, qui originairement avaient été des dieux, étaient tombés, dans les temps historiques, à 1 état de héros, dépouillés de leur dignité première par des vicissitudes mythologiques dont il est facile de se rendre compte, mais que nous n'avons pas à démêler ici \ Il suffit de dire que dans chaque ville, chaque localité de la Grèce, on vénérait, à côté des dieux supérieurs, un nombre considérable de héros, parmi lesquels plusieurs étaient considérés comme les protecteurs en titre du pays (v-pojïç èy/cop'.s-.). Tels étaient, à Sparte, les Dioscures, dont les images accompagnaient les rois en campagne, et, parmi les iEginètes, les .Eacides, qu'ils envoyèrent un jour ou plutôt dont ils envoyèrent les portraits aux Thébains, comme un gage de victoire. Le secours des /Eacides fut aussi invoqué avant la bataille de Salamine, et une trière alla les chercher à /Egine. Enfin, lorsque les Athéniens attaquèrent cette île, l'oracle leur donna le conseil de s'assurer d'abord la faveur d'^Eacos et de lui élever un temple 3. Chez les Lociïens Epizéphvriens, Ajax, fils d'Oilée, était réputé aussi un puissant auxiliaire dans les combats; quand l'armée était rangée en bataille, une place était toujours laissée libre en son honneur '. A Thèbes, Hector était le héros; d'après les instructions de l'oracle on alla en Troade chercher ses ossements '. Dans les serments, les héros étaient pris à témoin, aussi bien que 1rs
1. Kéraon et Matton présidaient à la cuisine ; voy. Athénée, 1. II, p. 39 C. tTn troisième héros, Dicton, est nommé avec Kéraon au liv. IV, p. 173 F. De même, on honorait l' 'Axp«toîi6tyiï à Munychie, le Aeiwveii? en Achaïe.
2. Hérodote, 1. II, c 45 et 143 ; Thucydide, I. Il, c. 7i, et 1. V, c. 30 . Lycurgue cité par Athénée, I. VIII, p. 309 D; voy. aussi Klausen, Theol. Msch., p. 01 ; Maetzner, dans ses Notes sur Lycurgue, p. 73.
3. Hérodote, 1. V, o. 75, 80, 81 et 89 ; 1. VIII, c. 64 et 83.