Platon, les Lois, 1. XI, p. 927 A
les évoquer, et que souvent aussi elles revenaient à l'état de fantômes, auquel cas leur apparition n'annonçait rien de bon pour ceux à qui elles s'étaient manifestées '.
i. Babrius, fab. 63, v. G et suiv. ; Athénée, 1, XI, c. 4, p. 461 ; Hésychius, s. v. KpELtfTovj; ; voy. aussi les passages cités par Meineke, clans son édition de Ménandre, Berlin, 1823.. p. 158.
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< )n raconte que le législateur locrien Zaleucus plaça en tète de ses lois un préambule par lequel il se proposail de faire
pénétrer dans l'esprit de scs concitoyens des idées plus justes sur les dieux et le culte qui leur agrée1. Il y étail dit que tous les hommes doivent préserver leur Aine des mauvaises pensées, car les dieux ne sauraient accepter les hommages des méchants. On les sert mal par des offrandes coûteuses et de fastueuses prodigalités; ce qui leur plaît, c'est la pratique de la vertu et une volonté ferme de chercher en toutes choses le juste et le bien. Chacun doit donc s'efforcer d'être aussi bon qu'il peut l'être, s'il veut se faire bien venir des dieux, penser que rinjustice n'échappe pas au châtiment, se rappeler qu'un jour viendra où il ne sera plus temps de se repentir, où l'on regrettera amèrement de n'avoir pas mieux vécu. Si l'esprit tentateur nous visite pour nous induire à mal, les temples, les autels et les sanctuaires nous offrent un refuge où l'aide des dieux invoquée peut nous soustraire à l'empire du vice impie et malfaisant. Il n'est pas douteux que ce prélude, bien qu'antérieur ta Cicéron", n'ait été ajouté après coup, comme du reste tout ce qui nous est rapporté des lois de Zaleucus ; mais il est tout aussi certain que des vues analogues n'étaient étrangères ni à la pensée du législateur, ni en général au système religieux de l'antiquité. La conviction que la loi morale était aussi la loi divine, que les dieux voulaient le bien et punissaient le mal, peut seule faire comprendre comment on plaçait sous leur sauvegarde l'État et l'ordre politique, qui