Thucydide, 1. IV, c. 97. Voy. aussi plus haut, p
5. Disc. c. Neœra, p. 1384, Hypéride, clans les Oral. att. Zurich, t. II, p. 302.
6. Schol. de Demoethèn.e, de falsa Légat., p. 431, et c. Aristogiton , I, p. 793.
l'état et le culte 200
comme les honneurs divins ne pourraient se maintenir, si l'on cessait de croire aux dieux, c'est encore les offenser que de porter atteinte à la foi. Pour ce qui est de la pensée intime de chacun touchant leur nature et leur existence, cela ne regarde pas l'Etat, pourvu que l'on fasse ce que l'on est tenu de faire et que l'on s'abstienne des choses défendues; mais si l'incrédulité et le mépris des dieux s'affichent publiquement, si le culte est tourné en dérision, si les libertins s'efforcent de faire partager leurs sentiments à d'autres, l'Etat se croit avec raison obligé de réprimer cette propagande et de sévir contre les coupables. Le sophiste Protagoras s'était borné à déclarer qu'il était impossible de savoir s'il y a ou non des dieux ; pour ce seul fait il fut traduit devant le tribunal et banni d'Athènes ; ses écrits furent "saisis entre les mains de tous les détenteurs et brûlés sur la place publique1. Diagoras de Mélos, qufniait et raillait les dieux, put se dérober au châtiment par la fuite, mais sa tête, dit-on, fut mise à prix2. Entre aulres motifs qui firent accuser Anaxagoras d'asébie, on cite son opinion sur le soleil, qu'il déclarait n'être qu'une masse embrasée, ce qui parut équivaloir à la négation de sa nature divine". On raconte que le philosophe Slilpon fui aussi mis en accusation et banni d'Athènes pour une plai" santeric qu'il s'était permise sur Athêna', et Théodoros courut risque d'être traité de même, à la suite d'une parole imprudente qu'il avait laissé échapper au sujet des mystères, en présence de l'hiérophante". Enfin chacun sait que le principal grief reproché à Socrate fut de s'être élevé contre la religion d'État et d'avoir cherché à introduire des divinités nouvelles. Tous ces exemples sont empruntés à l'histoire d'Athènes, qui est généralement citée comme l'État le plus religieux de la Grèce". Nous ignorons comment les autres s'étaient com-
1. Diogrne Laërte, I, IX, c. 8; Cicéron, de Nat. Deorum, 1. I, c. '-•>.
2. Krateros, cité par le Schol. d'Aristophane, Rame, v. 323 ; Diodore, I. XIII, c. G.
3. Diogètie Laërte, I. II, c. 3; Plutarque, Nicias, c 23. k. Diogène Laërte, I. II. '•• 1 1 •