‹ Antiquités grecquesChapitre 155 sur 567 · Xénophon, Memorab., 1. V, c · texte numérisé non relu

Xénophon, Memorab., 1. V, c

6. Voy. Nœgelsbach, ibid., p. 201. et Welcker, ibid., t. II, p. 33.

l'état et le culte 213

regardant de près, on s'aperçoit vite que, dans l'application, cette règle ne réussit pas à préserver le culte de tout changement. Sans doute, il n'était pas permis d'abolir ou même de modifier un culte traditionnel, et pareille entreprise n'était jamais tentée par l'Etat, sans consultation préalable de l'Oracle et sans autorisation de sa part. On se décidait difficilement aussi à introduire un nouveau culte qui n'avait pas obtenu d'avance la sanction des dieux, mais àcôtédes cultes publics, officiellement reconnus par l'Etat, il y avait dans chaque pays des cultes privés, pour lesquels les innovations n'étaient pas et ne pouvaient être aussi sévèrement interdites1. Strabon dit des Athéniens qu'ils étaient amateurs des choses étrangères, des religions comme du reste, et les poètes comiques s'amusent souvent de ce que tant de dieux barbares ont trouvé chez les Athéniens un asile et des temples -. Rien en effet ne s'opposait à cette hospitalité : Athènes renfermait, sans compter les voyageurs, un grand nombre d'étrangers domiciliés, que l'on ne pouvait empêcher d'honorer les dieux de leur patrie, suivant leurs coutumes, alors même que ces dieux et le culte dont ils étaient l'objet n'étaieut pas d'accord avec la religion et les traditions athéniennes. Une pareille proscription n'eût été justifiée que si l'on avait eu la conviction que ces dieux ne devaient pas être tenus pour des dieux ou, s'ils s'identifiaient avec les dieux nationaux, que le culte apporté du dehors ne leur était pas aussi agréable que celui auquel ils étaient habitués dans Athènes. Or, en l'absence d'un enseignement religieux pouvant prétendre à une orthodoxie exclusive, il n'était pas naturel que ni l'une ni l'autre de ces hypothèses vînl h l'esprit des anciens Grecs : ils devaient plutôt s'avouer que. en dehors des dieux reconnus de tout temps par l'Etat, il pouvait y en avoir d'autres, aussi dieux que les leurs, ou bien que les divinités étrangères n'étaient pas, malgré la diversité des noms, différentes de celles qu'ils adoraient eux-mêmes, ri que les hommages des barbares ne leur étaient ni plus ni moins

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