Strabon, I. X. p
2. Voy. Schoamann, de <'<»ui(iis A.then., p. 299, el Th. Bergk, </-• Relig. Comœd. atliese, p, li>'.»
agréables. Aussi était-ce un acte réputé impie chez ïeé Athéuiens, comme en général dans toute La Grèce, d'interdire aux étrangers le libre exercice de leur culte héréditaire et d'enlever ainsi aux dieux une pari des hommages qui leur revenaient. La tolérance de l'Etat en pareille matière était doue parfaitement d'accord avec le sons religieux des anciens. Il dut en résulter naturellement que des citoyens furenl touchés par quelqu'un de ces cultes exotiques el les adoptèrent. A la condition que l'on remplît d'ailleurs ses devoirs envers la religion établie, l'Etat n'avait rien à y voir et ne pouvait que laisser faire. Il n'y aurait eu lieu de sévir que si l'on était parti de là pour attaquer les dieux des ancêtres et en établir de nouveaux, ou si quelque chose dans les cérémonies des cultes étrangers eut trahi une pensée impie et criminelle. Tout ce que nous savons sur la manière dont on honorait à Athènes les dieux d'adoption prouve que les choses s'y passaient bien ainsi ; pour les autres cités, les données nous manquent : mais nulle part il n'est question d'une interdiction générale '. Les cas très rares que l'on a tenté d'interpréter dans ce sens prouvent seulement que les ministres des dieux étrangers pouvaient être punis, quand ils attaquaient ou profanaient le culte de l'Etat2, ou bien encore lorsque, sous le voile de la religion, ils cachaient des pratiques criminelles, telles que la sorcellerie et les maléfices.
De nombreux exemples prouvent aussi que les religions étrangères, après être restées un certain temps à l'état de cultes privés et avoir vécu de tolérance, pouvaient être officiellement-reconnues et admises dans le culte national. Parmi ces exemples, le plus connu est celui d'une déesse de Thrace, nommée Bendis, que l'on a comparée ou identifiée avec Artémis, Hecaté etPerséphone. Sans doute son culte avait été apporté chez les Athéniens par des Métèques venus de Thrace,
1. Excepté peut-être dans un passage du traité de Josèphe contre Apion, 1. II, c. 37, mais j'ai eu l'occasion, dans ma dissertation de Religionibus exterisap. Athen., Gryphiae, 1857 {Opusc, t. III), de montrer combien ce témoignage a peu d'autorité.
2. Démosthène, defulsa Légal., p. 431, §28i, et c. Aristogiton, 1, p. 793: Plutarque, Démosthène, c, 14; Photius et Suidas, v. s [intpayiipTr)?. Ces exemples ont été discutés aussi dans la dissertation de Uelig. exter. '
l'état et le culte 21 o
dont il existait un grand nombre à Athènes et particulièrement au Pirée. Bendis trouva, même chez les citoyens, un accueil tel que du temps de Platon son culte fut élevé à la dignité de culte officiel et que l'on institua en son honneur une fête publique, les Bendidées, dans laquelle se déployaient, au Pirée, deux processions, composées l'une d'Athéniens, l'autre de Thraces1. Quelques dizaines d'années auparavant, sous l'administration de Périclès, le culte de la Grande Mère que l'on avait coutume de confondre avec Rhéa, avait passé de la Phrygie dans l'Attique.^Il avait été apporté par un Mélragyrte phrygien, ou frère quêteur, dont les pratiques firent scandale, et qui, accusé d'avoir profané les mystères, fut précipité dans le Barathron, comme un impie et un forcené2. Mais peu de temps après, les Athéniens pris de scrupule à propos de cette exécution, s'adressèrent à l'Oracle, qui leur ordonna d'élever un temple à Cybèle3, ce qui naturellement entraîna l'adoption de son culte par l'Etat, à la condition qu'il serait purgé des cérémonies choquantes qui avaient coûté la vie au Métragyrte. Ce culte n'obtint pas pour cela la considération publique et ne fut guère pratiqué que par certaines confréries (6(acroi). Il en fut de même d'ailleurs pour les Sabazies, les Adonies, les Kotylties, dont il est parlé presque toujours en termes méprisants, et qui ne trouvaient faveur que dans les couches inférieures de la population, surtout auprès des femmes v.
Les résolutions qui faisaient entrer dans la religion d'Etat
1. Platon, de Hepubl., I. I, init. ; il est question dans ce passage d'une course aux flambeaux, exécutée par des cavaliers dans les fêtes solenn mais cet usage paraît avoir cessé bientôt et les témoignages concernai) I la période classique ne parlent de courses aux flambeaux qu'à l'occasion des Panathénées, des Hépluesties et des Prométhées; voy. les remarques deSchœmann sur Isée,p. 350, etPreller, ad Polemonem, p. il. Plus tard, ces courses paraissent s'être multipliées, car des inscriptions datant de la période macédonienne et de ia période romaine nous apprennent que des exercices de ce genre étaient pratiqués aussi dans les fêtes en l'honneur de Thésée et dans l'ïTUTâçto; iy<ôv^ voy. le riiiHst<>r> t. Il, p. 132 et 187.