Pausanias, 1. VI, c
de l'idolatku: 227
sociait des serpents, et lui-même empruntait souvent cette forme1. De ce qui précède il ressort que l'on croyait sentir dans ces animaux quelque chose qui les rendait excellemment propres à se laisser pénétrer par la puissance divine, surtout par celle des êtres qui, comme les âmes des héros, résidaient à l'intérieur de la terre, ou qui disposaient des forces terrestres pour le plus grand bien des mortels, en faisant croître les productions nécessaires à la vie et les herbes salutaires2. Les serpents n'étaient pas les seuls animaux qui entrassent en partage de la nature divine. Cela résulte non seulement des légendes mythologiques qui attribuent aux dieux, suivant l'occasion, telle ou telle forme animale, mais aussi d'idoles qui, même dans les temps postérieurs, les représentent en tout ou en partie sous cet aspect3. A Phigalie, chez les Arcadiens, l'image de la déesse Eurynome offrait le buste d'une créature humaine avec la queue d'un serpent. Dans le môme lieu, Démêler se reconnaissait à une tête et à une crinière de cheval \ Dionysos est souvent représenté avec des défenses de sanglier ; parfois aussi il revêt complètement la figure de cet animal, ri est invoqué sous le nom même do sanglier5. Les préférences que certains dieux témoignent pour une espèce déterminée reposent le plus souvent sur des rapports présumés entre les attributions du dieu et le caractère de ranimai. C'est ainsi que l'aigle estl'oiseaude Zeus, le paon celui de liera, le hibou celui d'Athêna, que la colombe est la compagne d'Aphrodite, que le lion est consacré à la Mère des dieux. Mais souvenl aussi des circonstances extérieures et accidentelles, (pie nous sommes rarement en mesure de démêler, aidaient à ces rapprochements; quelquefois enfin ils venaient simplemèpi
J. Pausanias, 1. Il, o. Il, §8; Aristophane, Flutus, v. 703; Ovide, Mrlam., 1. XV, -u. CG9; Yalère-Maxiim-, 1. I, c. 8.