Pausanias, 1. X, c
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les fruits1. Cette foi dans la puissance inhérente aux images des dieux explique l'importance que les divers états mettaient à posséder certaines d'entre elles, d'où dépendait, croyaient-ils, leur prospérité ou leur ruine. C'est ce sentiment qu'exprimait Sophocle dans sa tragédie des ^oavTjçôpst, lorsqu'il montrait les dieux, après que fut fixée la destinée de Troie, enlevant eux-mêmes leurs statues de la ville, pour marquer qu'ils n'en étaient plus les protecteurs2. Quand les Ephésiens furent assiégés par Pyrrhus, ils mirent les murs de la ville en communication avec le temple d'Àrtémis, afin de les placer plus sûrement sous la garde de la divinité présente dans ces lieux3. Il y avait des contrées où l'on enchaînait les imagées des dieux, pour être plus sur qu'elles ne s'échapperaient pas \ Les statues pleuraient, transpiraient et étaient sujettes encore à d'autres phénomènes, de même que de nos jours les statues de la Vierge et des Saints". L'exemple d'Epaminondas prouve que les habiles savaient, dans l'occasion, exploiter cette crédulité populaire : à la veille de livrer la bataille de Leuctres, ce général fit attacher pendant la nuit au bras gauche d'une statue d'Àthèna un bouclier déposé à ses pieds, de manière que la déesse parût le lendemain matin s'être armée ellemême pour le combat G. Il a été question plus haut des images que l'on emportait en campagne, que parfois même on empruntait à quelque nation étrangère, pour s'assurer de leur secours. Les différentes images d'une même divinité donnaient, aussi bien que la variété de ses surnoms et de ses attributs, prétexte à la partager en plusieurs personnes, de même que l'on distingue aujourd'hui Notre-Dame de Lorette dételle autre image de la Vierge honorée à Rome ou ailleurs.